Antoine Boësset, 380 ans

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Le compositeur français Antoine Boësset, sieur de Villedieu, est né à Blois, baptisé le 24 février 1587, et mort à Paris le 9 décembre 1643. Il domine la vie musicale à la Cour de France durant la première moitié du XVIIe siècle.

Il est baptisé à l’église Saint-Solenne de Blois, fils d’Antoine Boësset, drapier mort en 1593, et de Marie Le Bel [Lebel, Lebert], habitants de Blois. Sa mère était blésoise, son père peut-être originaire du Maine. Les conditions de son apprentissage musical ne sont pas connues.

Le 16 février 1613, il signe son contrat de mariage avec Jeanne Guédron, fille de Pierre Guédron, surintendant de la musique de la Chambre du Roi. Les témoins sont Jacques Borace, cousin et secrétaire de la Chambre du Roi et François de Lormy, valet de chambre ordinaire du Roi. Il est déjà sieur de Villedieu. À la mort de son beau-père en 1621, Antoine Boësset et sa femme renoncent à sa succession au profit de ses autres enfants.

On connaît plusieurs quittances signées de sa main, de même de nombreux actes de constitution de rente, passés entre 1623 et 1643. Ces nombreuses rentes montrent qu'il a disposé d'une fortune importante, pouvant prêter de l'argent à de nombreuses connaissances. Certaines de ces rentes seront closes par ses enfants, au nom de leur mère.

Il est bien possible que le jeune Antoine ait fait son apprentissage de la musique dans une maîtrise de Blois ou de Tours. On sait en revanche que les premiers liens de Boësset avec la Cour ont été tissés du temps d’Henri IV. Toutefois rien de précis ne subsiste sur ces premières années. Ses premiers airs paraissent sous forme anonyme dans des recueils de Pierre Ballard dès 1606, et ses premiers airs signés paraissent en 1614.

Le jour de son mariage (16 février 1613), Antoine achète pour 9000 lt à son beau-père Pierre Guédron sa charge de maître des enfants de la musique de la Chambre du Roi. Il n’en paie que 3.000 lt, la dot de sa femme étant de 6.000 lt, et dès 1614 il a l'occasion de travailler pour les ballets de Cour.

Le 14 février 1617, il signe avec les surintendants, maîtres des enfants et chantres de la musique de la Chambre du Roi, une procuration visant à soutenir Fiacre de Mortier, chantre ordinaire de la musique de la Chambre et de la Chapelle du Roi et Chanoine de l'église Saint-Quentin.

Il devient maître de la musique de la Reine en 1617, par semestre, en alternance avec Gabriel Bataille. Paul Auget achète également des charges de la même maison. L’attribution des charges de la maison de Marie de Médicis ayant donné lieu à des malversations, il sera interrogé en même temps qu’eux sur les circonstances de ces attributions, à l’occasion du procès de Léonora Dori, dite Galigaï.

Il reçoit le 18 février 1620 une charge de secrétaire ordinaire de la Chambre du Roi, en sus de ses deux charges de maître de musique.

Le 11 septembre 1621, Boësset signe un traité avec Jean Pavye, chantre et valet de chambre de la Reine, pour lui acheter sa charge de chantre, mais le traité est annulé le 15 novembre suivant.

Après la mort de Guédron (peu avant le 9 juillet 1620), Boësset achète pour 9000 lt à la veuve de Michel Fabry la charge de surintendant de la musique du Roi par semestre et en alternance avec Henry Le Bailly, charge qu’il conserve jusqu’à sa mort, de même que celle de maître de la musique de la Chambre du Roi. Le semestre de janvier est le plus prestigieux, puisque les principaux ballets de cour sont joués au carnaval.

En 1634, il reçoit encore une charge de conseiller et maître d’hôtel ordinaire du Roi.

C’est probablement en 1636 qu’il transmet à son fils Jean-Baptiste de Boësset la survivance de sa charge de maître de musique de la Chambre. À partir de 1636, Jean-Baptiste touche parfois une partie des gages de son père, ce qui indique qu’il a pu le remplacer à plusieurs reprises, comme d’ailleurs le signale un codicille de son testament. Cependant, le testament d’Antoine révèle que la charge de surintendant de la musique du Roi était tout d’abord destinée à son fils Jacques jusqu’à ce qu’il atteigne 22 ans, mais rachetable par Jean-Baptiste ensuite, ce dernier devant en retour lui céder celle de maître de la musique de la Chambre. Mais il n’en sera rien, Jean-Baptiste devenant surintendant au lendemain de la mort de son père.

L’œuvre de Boësset est considérable et a concerné des formes multiples, tant profanes (airs de cour, airs de ballet) que sacrées (messes, motets, magnificats) ou spirituelles. Il est un des trois compositeurs majeurs du premier âge de l’air de cour, situé chronologiquement entre les deux autres (Pierre Guédron et Étienne Moulinié).
De 1608 (date de la première apparition d’un air de sa main dans un recueil de Pierre I Ballard) à 1643, sa production dans ce genre est intense (presque 200 airs à quatre et cinq voix, beaucoup d’entre eux aussi réduits pour voix et luth), et de grande qualité tant pour l’inspiration mélodique que pour la richesse harmonique. Son traitement des textes leur confère souvent une valeur dramatique, une expressivité variée sinon contrastée.

 

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