"Dardanus" de Jean-Philippe rameau, 285 ans 

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Dardanus est une tragédie lyrique de Jean-Philippe Rameau créée à l'Académie royale de musique, théâtre du Palais-Royal à Paris le . Sur un livret de Charles-Antoine Leclerc de La Bruère d'après les Métamorphoses d'Ovide, l'œuvre comporte un prologue et cinq actes.

Dardanus est la dernière tragédie lyrique (conservée) de Rameau comportant un prologue, selon la tradition de Lully. Il s'agit du troisième ouvrage du genre de la tragédie lyrique sur les six que compose Jean-Philippe Rameau.

L'ouvrage est créé le  à l'Académie royale de musique1. Il reçoit un accueil mitigé à sa création, en partie dû à la préférence du public pour la manière lullyste. Par ailleurs, dans la volonté des auteurs de restituer le mieux possible tous les éléments indispensables de la tragédie lyrique, l'ouvrage se perd dans ceux-ci, et en devient l'objet des critiques.

Comme souvent avec Rameau, il existe une deuxième version créée le , dont l'action est très profondément modifiée (les trois derniers actes furent entièrement remaniés), ainsi qu'une réécriture de la musique. Ces deux ouvrages de nature différentes se font désormais compétition sur scène, attirant chacun la préférence selon le goût des musiciens le jouant.

En 1784, Antonio Sacchini réutilisait le livret, remanié par Nicolas-François Guillard, pour composer son propre Dardanus.

L'œuvre a été reprise quatre fois au XXe siècle : en 1907 à Dijon, en 1979 à l'Opéra de Paris, en 1983 à Clermont-Ferrand2 et enfin en 1998, en version de concert, occasion d'un enregistrement de Marc Minkowski. Dardanus a été jouée en octobre-novembre 2009 à Lille, Caen, et Dijon sous la direction musicale d'Emmanuelle Haïm, dans une mise en scène de Claude Buchvald.

Dardanus est un opéra en forme de tragédie lyrique en français en un prologue et cinq actes1.
Si le livret a souvent été critiqué pour sa niaiserie, Rameau a rarement été aussi inspiré que dans cette œuvre qui abonde en pages inoubliables. Le public ne fut guère enthousiasmé par l'opéra, et Jean-Baptiste Rousseau traitait la musique de « baroque », terme jugé insultant alors. Néanmoins, Dardanus est l'ouvrage lyrique le plus abouti du compositeur, favorisant les accents dramatiques et offrant une maîtrise variée de l'harmonie, ainsi que des musiques de ballets à la puissance chorégraphique très recherchée.

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