Le festival d’Aix-en-Provence doit réduire la voilure

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Des économies sont programmées dès l’été prochain pour retrouver l’équilibre financier alors que les collectivités et le ministère de la Culture cherchent des solutions.

En cause, le déficit important pour l’édition 2023dont le montant n’est pas encore publié. L’édition 2023 était celle des 75 ans. Un anniversaire qui marque. À l’arrivée de Pierre Audi, nouveau directeur en 2018, le mécénat était de 4 millions, et représentait 20% du budget de 21,5 millions d’euros. L’homme, porteur d’une vision artistique ambitieuse, avait déclaré vouloir en faire le meilleur festival du monde.
En 2022, le mécénat atteignait 8 millions, et représentait 30% d’un budget total de 27 millions d’euros, dont un tiers vient de subventions (4,6 millions du ministère, 1,6 de la ville, 930.000 de la métropole, le département 985.000 et la région, 1 million). Tout portait à croire qu’une hausse du mécénat accompagnerait l’édition des 75 ans, avec neuf opéras programmés, dont trois en version concert, sept orchestres invités et 75.000 spectateurs.

Mais crise économique et inflation sont passés par là :les mécènes n’étaient pas au rendez-vous. Ou pas assez. Nous avons des mécènes fidèles et qui nous soutiennent fortement, mais nous avons été trop confiants. Nous avions anticipé une augmentation plus forte qu’elle n a été», dit Stéphanie Deporcq.

Le festival promet donc de réduire la voilure, une fois sorti de la zone de risques et de maintenir tant les actions locales telles Aix en juin, la Grande Parade, que la réputation d’excellence qui est la sienne. C’est une petite structure facilement réactive. Pour 2024, il a reporté à 2026 Les Vêpres siciliennes ; en 2023, il avait troqué la production scénique du Prophète de Meyerber contre une version concert puisque l’Opéra de Paris s’était retiré du projet dont il devait être coproducteur.

En attendant, à Aix, les acteurs de la culture s’inquiètent. Qui paiera le déficit du festival d’art lyrique et quels acteurs de la Culture vont en faire les frais ? En ces temps de vaches maigres, où chaque aide publique est soupesée, où chaque compagnie se bat bec et ongles pour conserver son budget qui se compte plutôt en dizaines de milliers d’euros, les déboires du festival d’art lyrique effraient.

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