"Le Tombeau de Couperin" de Maurice Ravel, 105 ans

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Le Tombeau de Couperin est une suite pour piano composée entre avril 1914 et 1917 et créée le 11 avril 1919 par Marguerite Long à la Société de Musique Indépendante (salle Gaveau). Elle comporte six pièces, sur le modèle des suites de danses de l'époque baroque.

L'œuvre porte la référence M.68, dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par le musicologue Marcel Marnat.

Dès le début de la Première Guerre mondiale, Maurice Ravel cherche à s'engager mais, déjà exempté de service militaire en 1895 en raison de sa faible constitution, il est refusé pour être « trop léger de deux kilos » (ne pesant que 48 kg). Le 1er octobre 1914, Ravel écrit à son ami Roland-Manuel « Je commence deux séries de morceaux pour pianos, dont une suite française. Oh non, ce n'est pas ce que vous croyez, La Marseillaise n'y figurera point, il y aura une forlane, une gigue, pas de tango cependant. »

À force de démarches pour être incorporé dans l'aviation, c'est finalement comme conducteur d'un camion militaire qu'il surnomma Adélaïde qu'il fut envoyé près de Verdun en mars 1916.

Victime selon toute vraisemblance d'une dysenterie puis d'une péritonite, Ravel est opéré le 1er octobre 1916 avant d'être envoyé en convalescence puis démobilisé en mars 1917. La nouvelle du décès de sa mère, survenu en janvier 1917, parvient au compositeur alors qu'il est encore sous les drapeaux. Elle le plonge dans un désespoir sans comparaison avec celui causé par la guerre : profondément abattu, il devait mettre plusieurs années à surmonter son chagrin.
Mûrie dès 1914, l'œuvre fut presque entièrement composée en 1917 alors que Ravel, malade, était démobilisé. Il termine Le Tombeau... en juin 1918 à Lyons-la-Forêt, chez Madame Dreyfus, sa « marraine de guerre » et la mère de Roland-Manuel.

Le Tombeau de Couperin est créé le 11 avril 1919 à la Salle Gaveau par Marguerite Long. Le succès est tel qu'elle doit bisser intégralement l'œuvre.

 

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