"L'Enfant et les Sortilèges", le prochain rendez-vous lyrique à l'IMEP
L'Enfant et les Sortilèges de Maurice Ravel
Mise en scène : Vincent DUJARDIN
Direction musicale : Benoît GIAUX
Coordination générale: Elise GABELE
Accompagnement : Noemi BIRO
Décors et costumes : Patricia HOUSIAUX
Régie technique: Simon Renard
L’Enfant et les sortilèges en quelques mots...
En 1914, le directeur de l’Opéra de Paris, Jacques Rouché, commande un livret à l’écrivaine Colette, qui l’élabore en 1916. Après de nombreux échanges entre Colette et Ravel, le projet prend forme peu à peu, avançant toutefois très lentement. Ce n’est véritablement qu’en 1924 que Ravel se plonge dans la composition de l’œuvre, ne terminant l’écriture que cinq jours avant la création. Celle-ci n’aura pas lieu à l’Opéra de Paris comme initialement prévu, mais à Monte-Carlo, où L’Enfant et les sortilèges reçoit un accueil très enthousiaste.
La célèbre romancière Colette chercha longtemps le musicien capable de mettre en scène et en musique les objets et les animaux familiers dont elle avait inventé la révolte contre la méchanceté d’un enfant capricieux. La collaboration avec Ravel donna naissance à une fantaisie lyrique de trois quarts d’heure que le compositeur eut quelques scrupules à qualifier « d’opéra ». Il s’agit d’un véritable parcours initiatique dont l’atmosphère féérique et magique joue sur une très large palette de registres musicaux. Du music-hall à la musique impressionniste, du jazz à l’opéra italien, de la polyphonie au récitatif, Ravel ouvre de nouveaux chemins au théâtre lyrique sous forme de savantes miniatures.
Les difficultés que présente la mise en scène d’un ouvrage qui fait chanter une « Tasse chinoise », le « Feu » ou encore des « chiffres » vengeurs et un « Arbre » gémissant, auraient pu entraîner la progressive disparition de l’ouvrage. L’Enfant et les Sortilèges s’est toujours maintenu au répertoire grâce à des scénographies marquées par l’inventivité indispensable au parfait déploiement de la féérie raffinée de la musique de Ravel. Ravel déclara en 1925 : La partition de L’Enfant et les Sortilèges est un mélange très fondu de tous les styles de toutes les époques, de Bach jusqu’à... Ravel.... ! Cela va de l’opéra à l’opérette américaine, en passant par le jazz-band ! En effet, la partition apparaît comme une sorte de florilège de pastiches, permettant à Ravel de prendre ses distances avec la tradition, sans totalement s’en détourner.
Dans l’intérieur démodé d’une vieille maison normande, l’Enfant, puni pour sa paresse par Maman, se venge avec la dernière méchanceté en passant sa colère sur les objets et les animaux qui l’entourent. Epuisé, il finit par se laisser tomber dans un fauteuil. Commence alors le ballet des sortilèges. Les objets familiers prennent vie et se mettent à chanter pour exprimer leur désapprobation…