Ode humaniste devenu hymne d’une Europe réconciliée dans la paix
L'Europe célèbre ce mardi le 200e anniversaire de la Symphonie n°9 de Beethoven, œuvre mythique qui a retenti pour la première fois à Vienne après avoir notamment vu le jour dans la quiétude de cures thermales près de la capitale autrichienne. Transformée en musée, «la maison de la Neuvième» montre une exposition pour l'occasion, tandis que le chef-d’œuvre de Beethoven, devenu un symbole universel des célébrations humanistes, résonnera en soirée lors de concerts anniversaires à Vienne, Paris ou encore à Milan.
D'une durée d'environ 70 minutes - presque deux fois supérieure à celle de partitions comparables - l'œuvre conquit immédiatement la salle comble, qui réserva au maître un accueil triomphal.
Ce dernier était présent sur scène, dos au public, pour donner le tempo à l'orchestre. Atteint de surdité, il ne remarqua pas l'enthousiasme du public... avant qu'un musicien ne lui fasse signe de se retourner. Bien que semblant familière dès la première écoute, la Symphonie n°9 a brisé les normes de ce qui était alors un genre «uniquement orchestral», en «intégrant la voix et donc le texte», analyse la musicologue Angelika Kraus.
Son idée d'introduire un chœur final sur l'Ode à la joie du poète Friedrich von Schiller a paradoxalement rendu sa musique plus susceptible d'être instrumentalisée politiquement D'ailleurs, un extrait du dernier mouvement, réarrangé par Herbert von Karajan, est devenu à partir de 1972 l'hymne du Conseil de l'Europe. En 1985, la Communauté européenne l'a adopté à son tour.
Gustav Klimt s'est inspiré de la symphonie pour sa frise du palais de la Sécession, Maurice Béjart lui a consacré un ballet et d'Orange Mécanique à la Casa del Papel, elle a la cote sur les écrans. «On ne se lasse pas de l'écouter car elle est pleine de surprises et de rebondissements, tout en restant agréable à l'oreille», commente Ulrike Scholda.
Devant la maison de Beethoven à Baden, Jochen Hallof, 67 ans, estime que sa rencontre avec la 9e Symphonie lorsqu'il était enfant l'a conduit sur le «chemin de l'humanisme». «L'humanisme mondial, nous en avons particulièrement besoin à l'heure actuelle. Nous devrions écouter davantage Beethoven au lieu de faire la guerre», dit-il.