"Requiem" de Guy Ropartz, 105 ans
Le Requiem de Joseph-Guy Ropartz fut composé en 1937 et 1938 et créé à Angers le 19 mars 1939. On le rapproche souvent du Requiem de Fauré, pourtant moins austère, dont la structure est identique. Mais « tandis que Fauré, agnostique, berce l'auditeur de ce qui n'est pour lui que pure illusion » (Gérard Condé), Ropartz traite le texte de la messe sous l'angle de la prière et s'efforce de rendre cette ascension parmi les anges et les martyrs avec toute la conviction profonde du croyant qu'il est.
En dehors de quelques interventions marquantes, l'orchestre apparaît essentiellement comme un soutien. Ses teintes ont été choisies pour se fondre au mieux avec les voix, elles-mêmes traitées avec une maîtrise consommée pour ne jamais sembler sortir du naturel. Ainsi a-t-on l'impression que tous les éléments constitutifs -orchestration, polyphonie, harmonie, mélodie, rythme musical, prosodie- s'absorbent mutuellement pour qu'en émane seulement le texte sacré qui en est l'origine, le moyen et la fin.
Le Requiem aurait dû être créé à Strasbourg (ville où Ropartz était le directeur du Conservatoire depuis 1919) pour la célébration du vingtième anniversaire de l'armistice du 11 novembre 1918, mais un retard imprévu repoussa cette création au 19 mars 1939 aux concerts populaires d'Angers, sous la direction du compositeur.
Accueillie favorablement, l'œuvre fut saluée comme pleine « de poésie grave, de noblesse, d'une science dominée par une inspiration très haute ».