Des interprètes scandinaves pour souligner la noblesse du violoncelle anglais

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English Cello Works. Sir Edward Elgar (1857-1934) : Concerto pour violoncelle et orchestre en mi mineur op. 85 ; Salut d’amour, op. 12. John Ireland (1879-1962) : Sonate pour violoncelle et piano en sol mineur. Frank Bridge (1879-1941) : Sonate pour violoncelle et piano en ré mineur, H. 125. Andreas Brantelid, violoncelle ; Bengt Forsberg, piano ; Orchestre royal danois, direction Thomas Søndergård. 2021 et 2024. Notice en anglais. 74.01. Naxos 8.573690. 

Roderick Cox et les belles perspectives de l'Opéra Orchestre National Montpellier

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En s'engageant pour la justice sociale, les politiques culturelles dites « de diversité » n'œuvrent malheureusement pas toujours pour la justesse artistique. L'Opéra Orchestre National Montpellier, lui, n'a pas deux Nords à sa boussole. Le bras (c'est le cas de le dire) armé et figure la plus visible de cette réalité en est son directeur musical, Roderick Cox, 38 ans, Afro-américain à la carrure imposante dont la présence sur le podium affiche une image encore rare en France, mais sans rien sacrifier de ce qu'on est en droit d'attendre d'un (jeune) grand chef à la tête d'une phalange régionale de haut niveau.

Le concert symphonique de ce vendredi soir s'ouvrait avec la Quatrième Symphonie de Ludwig van Beethoven. Une direction claire, très efficace, consciente de tous les reliefs de la partition et qui sut enlever l'orchestre jusqu'à des tempos assez ambitieux dans les dernières pages de l'Allegro ma non troppo final : de quoi ravir le public du Corum de Montpellier, très rempli malgré son impressionnante jauge. Un public plutôt jeune et actif (60% de moins de 60 ans) renouvelé en profondeur depuis dix ans par la politique d'ouverture tous azimuts de sa directrice, Valérie Chevalier, qui ne recule devant rien pour faire franchir les portes de l'Opéra Comédie et de l'Opéra Berlioz aux Montpelliérains : diversification du répertoire tant pour le symphonique que l'opéra, mais aussi diversification des formats avec des concerts immersifs plaçant le public au milieu de l'orchestre éclaté dans la salle, des séances after-work à 19h pour les travailleurs, à l'heure du goûter pour les Ehpad, le week-end pour les enfants... il y a un même un service de garderie sur place pour certains concerts : avis aux jeunes parents ! Dans des géométries instrumentales plus réduites la programmation propose aussi des séances pour les bébés, des séances de yoga accompagné en musique et une panoplie de concerts de musique de chambre. Et pour que les murs de la salle de concert n'aient plus rien d'intimidant, des jeux de piste et autres escape games dans les sous-sols de l'Opéra Comédie sont même proposés. Avec 450 évènements par an il y en a pour tous les goûts : plus aucune excuse pour ne pas venir !

Telemann : fin de l’intégrale des concertos pour violon par L’Orfeo Barockorchester

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Complete Violin Concertos Vol. 9. Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Concertos pour deux violons, cordes et basse continue en ré majeur TWV 52:D3, en la majeur TWV 52:A2, en ut majeur TWV 52:C2, en sol mineur TWV 52:g1. Concerto pour violon, cordes et b.c. en sol majeur TWV 51:G6. Concerto pour alto, cordes et b.c. TWV 51:G9. Concerto pour cordes et b.c. TWV 43:e5. Julia Huber, Martin Jopp, violon soliste. Lucas Schurig-Breuss, alto soliste. Carin van Heerden, L’Orfeo Barockorchester. Sabine Reiter, Martin Kalista, Linda Pilz, Veronika Traxler, Simone Trefflinger, violon. Nina Pohn, violon, alto. Daniela Henzinger, alto. Katie Stephens, violoncelle. Maria Vahervuo, contrebasse. Reinhard Führer, clavecin. Août 2024. Livret en anglais, allemand. 61’15’’. CPO 555 699-2

Urtext, variations sur un terme

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Dans mon dictionnaire personnel, je trouve deux définitions :

Urtext, substantif masculin mis à toutes les sauces par les musiciens et les éditeurs de musique.

Urtext, qualificatif incontournable sans lequel une partition n’aurait aucune chance de rester sur le marché. 

Pour l’épistémophile non averti des choses de la musique, ça commence mal. Mais rien n’arrête sa soif de savoir. Il a vite compris l’origine du terme : en allemand, texte original. Si ça vient d’Allemagne, se dit-il, c’est probablement sérieux, surtout en matière musicale. Le sujet mérite donc d’être creusé.

À la lecture des textes promotionnels qui figurent sur les sites des principaux éditeurs concernés, on peut retenir deux notions : garantie d’authenticité et fiabilité. Sont-elles contradictoires ou complémentaires ? La seconde ne serait-elle pas un « à défaut » de la première ? Car il y a urtext et urtext.

Un petit retour aux origines s’impose. 

Au XIXe siècle, l’éditeur allemand Breitkopf & Härtel entreprend la publication de ce qu’on appelle des éditions monumentales, Gesamtausgabe, c’est-à-dire la totalité de la production d’un compositeur. Premier servi, J.S. Bach, 46 volumes regroupant chacun les œuvres d’un même genre. La publication nécessitera près d’un demi siècle. Et tous les grands compositeurs vont bénéficier du même élan éditorial, Haendel, Beethoven, Mozart, Schumann, Chopin, Liszt, etc. Ces éditions sont supervisées par des personnalités musicales incontestables, Czerny Clara Schumann, Emil Sauer, Wilhelm Kempff… Dans leur démarche pour établir le texte exact, ces réviseurs ne se privent pas de procéder à quelques corrections en certains points qu’ils considèrent comme erronés : Czerny ajoute une mesure au premier prélude du Clavier bien tempéré, d’autres modifient les octaves pour adapter les œuvres aux possibilités des pianos modernes, tous sont de bonne foi, c’est la tendance de l’époque. Les années passent et cette approche subjective se trouve balayée par une soif d’authenticité qui s’affirme au cours de la seconde moitié du XXe siècle. L’urtext est né.

Si ce mot magique désigne des éditions critiques réalisées avec le plus grand soin, certaines ne sont parfois que des remakes fabriqués à la hâte sans pousser très loin les recherches sur les sources authentiques. Oublions les car elles n’ont pas leur place au paradis des urtext. Il y règne déjà une grande diversité, sans vouloir remettre en cause le professionnalisme des éditeurs. Car les situations peuvent être très différentes selon les œuvres ou les compositeurs. Deux exemples récents publiés par Breitkopf : Une vie de héros de Richard Strauss et la Symphonie n°5 de Mahler. Le premier était un maniaque de la précision. Autant dire que dès les premiers tirages, tout était vérifié ou presque, le travail de l’éditeur d’un urtext se limitant à des détails. Mahler, c’est tout l’inverse. Une incessante remise en cause, en quête de perfection. Corrections, nouvelles éditions. En outre, l’un comme l’autre étaient de grands chefs d’orchestre et ils ont dirigé leur propre musique. Mais en composant, Strauss semble avoir su anticiper le résultat concret là où Mahler découvrait de nouvelles possibilités à l’écoute de chaque exécution. Pour réaliser leur urtext, Christian Rudolf Riedel et Nick Pfefferkorn ont donc eu à jongler avec les différents stades éditoriaux validés par Mahler. La source première, c’est l’édition ultime, ce qui semble simple sur le papier. Mais les contradictions sont nombreuses entre partition et parties d’orchestre, corrections manuelles authentifiées ou non. Et au fil du temps, de nouvelles sources refont surface, que ce soient des copies qui ont servi à la gravure ou des matériels d’orchestre utilisés avec l’aval du compositeur. 

Anthony Ratinov : « J'aime l'excitation de la scène et le partage de ma musique »

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Le pianiste américain Anthony Ratinov est le lauréat du prix ICMA Classeek de cette année. Marie Schockmel, membre du jury luxembourgeois de la radio Opus, a réalisé l'interview suivante avec lui.

Avez-vous déjà visité Bamberg ou l'Allemagne en général ?

Je ne suis jamais allé à Bamberg, mais j'ai entendu dire que c'est l'un des plus beaux endroits d'Allemagne. J'ai cependant visité l'Allemagne à de nombreuses reprises et j'y retournerai en mai pour jouer à la Philharmonie de Berlin. Je suis donc très enthousiaste à l'idée de faire le premier de plusieurs voyages en Allemagne en 2026.

La raison de votre venue à Bamberg est que vous avez remporté le prix ICMA Classeek cette année. Comment avez-vous réagi en apprenant la nouvelle ?

J'étais absolument ravi. C'est un immense honneur. J'ai bénéficié d'une merveilleuse participation au programme Classeek cette année en Suisse. Ils ont été absolument fantastiques et j'étais déjà très heureux d'être admis dans ce programme. Découvrir que j'avais reçu ce prix supplémentaire était donc très spécial et significatif pour moi.

Où étiez-vous lorsque vous avez appris la nouvelle ?

Je l'ai appris avant que ce ne soit public, lors d'un des ateliers en Suisse. Je revenais tout juste du Concours Chopin à Varsovie en octobre, où j'avais atteint le deuxième tour. J'avais une réunion pour le programme Classeek. Nous parlions de l'avenir, des concours et des prix, et ils m'ont dit : « En parlant de prix et de concours, nous sommes très heureux de vous annoncer que vous avez reçu le prix ICMA Classeek ». C'est donc arrivé dans la conversation au moment idéal.

Avez-vous été très surpris ou vous y attendiez-vous un peu ?

Vous savez, je n'y pensais pas vraiment. Je savais que c'était un prix que quelqu'un du programme Classeek recevait, mais je n'attendais pas l'annonce avec impatience. Je pensais à autre chose et j'ai cette mentalité que si quelque chose fonctionne, c'est génial, mais il est parfois bon de penser à autre chose en attendant pour ne pas trop anticiper. Mais je suis très heureux et je ne pourrais pas être plus enthousiaste pour le concert de gala.

Lors du concert de gala de l'ICMA, vous jouerez le dernier mouvement du premier concerto pour piano de Tchaïkovski. Que ressentez-vous en jouant cette pièce ?

Ce sera la première fois que je la jouerai avec un orchestre. C'est une pièce que je connais et que j'aime depuis toujours et je suis impatient de la présenter sur scène. Le dernier mouvement ne dure que six ou sept minutes, mais il est d'une très grande énergie, il n'y a donc pas un seul moment pour vraiment se détendre. Mais musicalement, il contient certaines des plus belles mélodies que Tchaïkovski ait jamais écrites, et je suis très heureux de lui donner vie.

Linda Hedlund explore le répertoire finlandais méconnu du violon

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Finnish Works for violin and orchestra. Selim Palmgren (1878-1951) : Fantaisie de concert op. 104. Väinö Haapalainen (1893-1945) : Näky (Vision). Aarre Merikanto (1893-1958) : Concerto pour violon n° 4. Väinö Raitio (1891-1945) : Légende, pour violon et orchestre ; Notturno pour violon et orchestre. Nils-Eric Fougstedt (1910-1961) : Concertino pour violon et orchestre. Marcus Eje, alias Einar Englund (1916-1999) : Romance. Linda Hedlund, violon ; La Tempesta Orchestra, direction József Hárs. 2024. Notice en anglais. 63’ 06’’. Naxos 8.579185.

Séduisant livre-disque pour découvrir les recueils polyphoniques de la Renaissance en Loire

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Ma Dame tresgente et belle. Polyphonies courtoises des « Chansonniers du Val de Loire ». Œuvres de Johannes Ockeghem (c1410-1497), Antoine Busnoys (c1430-1492), Guillaume Dufay (c1400-1460), Firmin Caron (fl c1460-1475), Barbingant (fl c1445-1460), Walter Frye ( ?-c1475) etc & anonymes. Diabolus in Musica. Axelle Tamby Bernage, superius. Alban Robert, superius, contreténor altus. Raphaël Boulay, ténor. Romain Bockler, contreténor bassus. Marie-Domitille Murez, harpe. Freddy Eichelberger, clavicythérium. Nicolas Sansarlat, rebec, vièle. Bor Zuljan, luth. Disque et livre de Jane Alden, en anglais et français ; paroles en langue originale, traduction en anglais. Avril 2024. 65’09’’. Bayard Musique 308 696-2

Philippe Jaroussky, aiguillon de la jalousie dans cinq cantates de chambre

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Gelosia! Alessandro Scarlatti (1660-1725) : Ombre tacite e solo. Antonio Vivaldi (1678-1741) : Cessate, omai cessate RV 684. Nicola Porpora (1686-1768) : Perdono, amate Nice S. 88b. George Frideric Handel (1685-1759) : Mi palpita il cor HWV 132c. Baldassare Galuppi (1705-1785) : La Gelosia. Artaserse. Philippe Jaroussky, conteténor. Serge Saïtta, traverso. Raùl Orellana, José Manuel Navarro, violon. Marco Massera, alto. Ruth Verona, violoncelle. Paolo Zapico, théorbe, guitare baroque. Yoko Nakamura, clavecin. Livret en anglais, français, allemand. Février 2024. 70’58’’. Erato 5054197998713

Couleurs du Baroque. Œuvres de George Frideric Handel (1685-1759), Giovanni Bononcini (1670-1747), Johann Sebastian Bach (1685-1750), Antonio Vivaldi (1678-1741), Nicolas Chédeville (1705-1782). Alexis Vassiliev, contralto. Philippe Foulon, viole, violoncelle d’amour. Olivier Dekeister, Gaétan Jarry, orgue. Emer Buckley, clavecin.Livret en français. Dates d’enregistrements non précisées ; paroles traduites en français. 50’30’’. Continuo CCC777 846