Bayreuth : l'âge d'or d'un festival en coffret Decca Eloquence

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Bayreuth Festival – Richard Wagner Edition. Richard Wagner (1813-1883) : Parsifal (1951 et 1967) - Lohengrin - Der Fliegende Holländer Tannhäuser - Die Meistersinger von Nürnberg. Solistes, chœurs et orchestre du Festival de Bayreuth, direction : Hans Knappertsbusch, Joseph Keilberth,  Wolfgang Sawallisch, Karl Böhm, Silvio Varviso.1951-1974. Livret en anglais. 25 CD 4847580   

Une invitation amicale dans la datcha de Chostakovitch

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La datcha de Chosta. Arvo Pärt (°1935) : Fratres, version pour alto et piano. Anne Martin (°1969) : Cette colline - Hommage à Fiodor Droujinine. Jean-Paul Dessy (°1963) : DSCH - In Memoriam Dmitri SCHostakovitch. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Sonate pour alto et piano op. 147 ; Impromptu pour alto et piano op. 33. Maxime Desert, alto ; Mariane Marchal, piano. 2024. Notice en français et en anglais. 68’. Paraty 2025003. 

Fantasmagorie médiéviste autour de l’univers des Croisades

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Crusaders, Musik der Kreuzzüge. Œuvres (tirées) de Thibaut de Champagne (1201-1253), Guiot de Dijon (XIIIe s.), Huon d’Oisy (1145-1189), Peirol (c1160-1225), Wolfram von Eschenbach (c1170-c1220), Conon de Béthune (c1150-c1220), Walther von der Vogelweide (c1170-c1230), Carmina Burana, chant grégorien. Estampie : Alexander Veljanov, Syrah, Johann Bengen, Cas Gevers, Michael Popp, Hannes Schanderl, Tobias Schlierf, Ernst Schwindl, Schola Cantorum Gedanensis. Octobre 1995, réédition 2024. Livret en anglais, allemand ; paroles en langue originale, traduction en allemand. 50’31’’. Christophorus CHE 0233-2

Le premier récital d’Eleonora Buratto est marqué du sceau de la flamboyance

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Indomita. Scènes tirées d’opéras. Vincenzo Bellini (1801-1835) : Il Pirata. Gaetano Donizetti (1797-1848) : Anna Bolena ; Lucrezia Borgia. Giuseppe Verdi (1813-1901) : I due Foscari ; Aroldo. Eleonora Buratto, soprano ; Didier Pieri, ténor ; Irene Savignano, mezzo-soprano ; Giovanni Battista Parodi, basse ; Chœur et Orchestre de l’Opéra Carlo Felice de Gênes, direction Sesto Quatrini. 2024. Notice en anglais et en italien. Textes chantés reproduits, avec traduction anglaise. 69’ 19’’. Pentatone PTC 5187 409.

Festivités Montpelliéraines sous la direction de Roderick Cox

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40 ans, ça se fête ! Le Festival Radio France Occitanie Montpellier souffle une jolie bougie supplémentaire. Avec une multitude de concerts dans différents lieux, la ville bat au rythme d’une programmation variée (baroque, classique, jazz et musique du monde) durant plus de deux semaines.

De grandes formations musicales s’alternent chaque soir à l’Opéra Berlioz du Corum. L’orchestre maison de la ville, qui a une place à part dans le cœur du public, est invité pour l’avant-dernier concert du Festival. Sous la baguette de leur nouveau directeur musical, le chef d’orchestre américain Roderick Cox, l’Orchestre National de Montpellier tisse un lien entre 3 grands noms du XIXe siècle : Brahms, Schumann et Dvořák.

Inspiré du poème Hyperion de Friedrich Hölderlin, Johannes Brahms termine en 1871 son poignant Schicksalslied op. 54 pour chœur et orchestre. Au cours des 3 strophes, le compositeur convoque la force des dieux antiques et des habitants du ciel avant de se faire plus sombre, où la douleur des hommes chancelle dans un gouffre infini. Cette œuvre se termine tout de même sur une possible rédemption de la destinée humaine.Préparés par leur cheffe de chœur, Noëlle Gény, les chanteurs ont pris le parti de défendre la lumière qui émane de ce Chant du Destin. Ils s’emparent avec retenue et puissance des mots du philosophe allemand. Dès les premières mesures, les voix d’altos donnent le ton. La clarté sera le maître-mot. Le chœur brûle par sa ferveur et sa conviction. L’Orchestre, quant à lui, réussit à prendre toute sa place nécessaire, en particulier le pupitre de violoncelle qui se révèle admirablement. 

Après Brahms, comment ne pas penser à Schumann ? La soirée se poursuit donc avec cette filiation évidente entre les deux compositeurs romantiques. D’abord conçue comme une fantaisie pour piano et orchestre, dédiée à sa chère Clara, Robert Schumann étoffera son œuvre de deux autres mouvements, enchaînés, pour devenir le Concerto pour piano en la mineur op. 54 créé en 1845. Le jeune pianiste français Jonathan Fournel, premier prix du prestigieux Concours Reine Elisabeth en 2021, s’attaque à ce monument du répertoire où alterne lyrisme et délicatesse. Dès le début du premier mouvement allegro affettuoso, le hautbois d’une solennité magistrale ouvre la voie à un piano tout en retenu. Le son perlé de Jonathan Fournel est d’une précision salutaire. Jamais dans le pathos, le jeune pianiste évite quelques clichés. Après un premier mouvement, nourri par une longue et sincère salve d'applaudissements (!), l’intermezzo laisse apparaître la baguette légère du chef. Toujours dans la mesure, Roderick Cox dégage une sobriété appréciée, laissant la place à une clarinette évanescente. Enfin, l’allegro vivace permet au pianiste de prendre toute sa place et de nous montrer davantage sa personnalité. Le style y est plus singulier et incisif. Visiblement très ému, Jonathan Fournel reprend ses esprits et offre en bis l’Intermezzo op. 177 n°2 de Brahms. La boucle est bouclée.

Hommage à Sir Roger Norrington

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Sir Roger Norrington s’en est allé à l’âge de 91 ans. Infatigable explorateur musical, pionnier des interprétations “historiquement informées”, il a marqué son temps et sera, pour de très nombreuses décennies, une figure inspirante.  

Né en 1934, il étudie, entre autres avec Adrian Boult. Violoniste de formation, il a également travaillé comme ténor. Il fonde en 1962, le Schütz Choir de Londres avec lequel il enregistre pour Decca. En 1978, il fonde les London Classical Players, orchestre avec lequel il a révolutionné l'approche des grandes œuvres classiques et romantiques. On retrouve des pointures dans cet orchestre dont le violon solo John Holloway, l’un des praticiens et experts du violon historique. En 1997, l’orchestre se dissout et  Sir Roger Norrington  vogue vers de nouveaux défis : la Camerata Salzburg, le Camerata Salzburg, le Radio-Sinfonieorchester Stuttgart, l’Orchestre de St Luke’s, le Zurich Chamber Orchestra, l’Orchestre de chambre de Paris. Consécration, le chef fut invité régulièrement par les Berliner Philharmoniker et les Wiener Philharmoniker.  Le maestro avait annoncé, en novembre 2021, prendre sa retraite. 

Sir Roger Norrington, s'inscrit parmi les pionniers pour aborder le répertoire classique sur instruments d’époque et selon une démarche historiquement informée, il fut l’un des tout premiers à élargir les explorations aux grandes oeuvres du répertoire du XIXe siècle, que ce soit Berlioz, Brahms, Schumann, Wagner, Bruckner ou Smetana…Aujourd’hui, une telle démarche est devenue la norme et on ne compte plus les expériences sur instruments d’époque y compris jusqu’aux symphonies de Mahler et Bruckner. Cependant, dans les années 1980/1990, une telle démarche était inusitée et provoqua de très nombreux sarcasmes moqueurs accompagnés d’un profond mépris. Comment un Britannique, aux airs de savant universitaire égaré, pouvait oser désacraliser des interprétations mythiques et des conceptions interprétatives enracinées ?  Les albums enregistrés par le chef et son orchestre, pour Virgin oui EMI, dans Brahms, Bruckner, Wagner ou Smetana, se faisaient régulièrement étriller dans le monde francophone.  Quand le festival Printemps de Prague, invita, en 1997, le chef et ses London Classical Players et Sir Roger Norrington à interpréter Ma Patrie de Smetana, ce fut vu par beaucoup de commentateurs comme une provocation. 

Une rencontre avec Sir Roger Norrington 

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En hommage à Sir Roger Norrington, nous publions cette belle interview qu’il avait accordé à notre confrère et ami Remy Franck,  Rédacteur en chef de PIzzicato.lu et Président du jury des ICMA à Londres, à l”occasion de ses 80 ans, en 2014. Le chef d’orchestre est alors en charge de la Camerata Salzburg et du Radio-Sinfonieorchesters Stuttgart. Avec ce dernier, il explore une large part du répertoire dont Mahler, point de départ de cette interview dont vous pouvez lire l’intégralité en allemand sur le site Pizzicato.lu. Crescendo Magazine remercie vivement Remy Franck.  

Vous étiez à l'origine chanteur. Est-ce un avantage dans votre activité de chef d'orchestre ?

Oui, et pas seulement dans les œuvres vocales ou les opéras ! Cela m'aide à réaliser le cantabile de la musique. La musique chante et la musique danse ! La danse est très importante pour moi. J'aimais beaucoup danser quand j'étais jeune.

Vous avez dirigé de nombreux opéras, mais vous ne le faites presque plus aujourd'hui.

J'ai dirigé mon dernier opéra en 2006, le prochain suivra cette année. Oui, on me voit rarement à l'opéra. Cela vient en partie du fait que je me suis beaucoup consacré à l'opéra. J'ai dirigé la plupart des opéras que je voulais diriger. Aujourd'hui, je m'intéresse surtout à des choses que je n'ai pas encore faites ou que j'ai rarement faites. Je m'intéresse aux projets qui me font avancer. J'ai fait de la musique chorale ancienne, des opéras, de la musique pour orchestre de chambre, et maintenant, je m'intéresse au grand répertoire symphonique. La deuxième raison est que je ne veux plus partir aussi longtemps, je n'aime pas passer six semaines à Los Angeles ou à Hambourg pour un opéra.

Beaucoup de chefs d'orchestre et de chanteurs disent cela aujourd'hui. Si cela continue ainsi...

(rit) ... oui, plus personne ne fera d'opéra ! La troisième raison, très importante, est que je n'aime pas la qualité des productions actuelles. Il y a très peu de metteurs en scène avec lesquels j'aimerais travailler. Je n'ai pas besoin de sept toilettes sur scène ! Je suis peut-être vieux jeu, mais j'aime qu'un opéra ait l'air de ce qu'il est. Je n'ai pas besoin des idées prétendument géniales de metteurs en scène de 23 ans !

Ce n'est souvent que de la provocation...

Exactement ! Et je provoque déjà assez avec la musique (rires) ! Non, sérieusement, je ne cherche pas à provoquer, mais parfois, cela fait beaucoup de plaisir de faire quelque chose dont on sait qu'il va étonner les uns et être rejeté par les autres. Comme je l'ai dit, mon but premier n'est pas de provoquer, mais de rechercher la vérité. Certains trouvent cela bien, d'autres le perçoivent comme une provocation. Mais ce n'est pas mon objectif. Vous voyez, à Vienne, je reçois généralement des critiques très différentes. Les uns écrivent que c'est merveilleux, les autres que c'est horrible. Mais une fois, j'y ai joué le Paulus de Mendelssohn. Je dirigeais la Camerata Salzburg et le Chœur de chambre suédois. Et là, toutes les critiques ont été très positives. Je savais pourquoi : les critiques ne connaissaient pas l'œuvre. Quand on ne connaît pas une œuvre, mon interprétation ne semble pas nouvelle et plaît. Dans une œuvre que tout le monde connaît, ma vision différente saute aux yeux et beaucoup de gens pensent alors qu'elle est provocante.

Mais certains musicologues affirment que Brahms aimait beaucoup le vibrato, que Wagner l'exigeait expressément, que le vibrato existait donc depuis longtemps, avant l'époque que vous considérez comme l'origine du vibrato, même si sa pratique n'était peut-être pas aussi courante qu'aujourd'hui.

Oui, j'admets que le vibrato existait déjà à l'époque, mais il n'était pas aussi répandu. Pas aussi courant ! Et lorsque le vibrato généralisé est apparu, c'était déjà très nouveau pour beaucoup et ils l'ont aimé. Ils l'aiment encore aujourd'hui (sourit). Et c'est certainement une possibilité. Mais plus pour moi. Ah, on pourrait en discuter pendant des heures. En tout cas, je reproche aux partisans du jeu vibrato de ne pas être cohérents. Si on utilise le vibrato, pourquoi tous les instruments ne le font-ils pas, les cors, les trompettes, les trombones, les clarinettes ? Pourquoi ne le font-ils pas ? Il n'y a aucune logique !

Mais je ne cherche pas à lancer un débat sans fin. Ce qui m'importe, c'est la pureté du son.

Mahler à domicile à Amsterdam

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Gustav Mahler (1860-1911) : The Complete Symphonies. The Chief Conductor Edition. Royal Concertgebouw Orchestra, direction : Willem Mengelberg, Eduard van Beinum, Bernard Haitink, Riccardo Chailly, Daniele Gatti. 1939-2016. Livret en anglais, allemand et néerlandais. 15 CD RCO 25003

Perspective nouvelle sur le répertoire des trouvères

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Au douz tens nouvel, chansons de trouvères. Œuvres d’Étienne de Meaux (XIIIe s), Gauthier de Coincy (1177-1236), Thibaud IV de Champagne (1201-1253), Guiot de Dijon (XIIIe s), Maroie de Diergnau (XIIIe s) & anonymes. Ensemble Céladon. Clara Coutouly, soprano. Paulin Bündgen, contre-ténor, chifonie. Nolwenn Le Guern, vièle. Florent Marie, luth. Gwénaël Bihan, flûte à bec, flûte. Caroline Huynh Van Xuan, clavicytherium, organetto. Ludwin Bernaténé, percussions. Février 2024. Livret en anglais, français ; textes des chants en langue originale. 61’44’’. Ricercar RIC 465