Mots-clé : Alma Bettencourt

La saison 2025-2026 du Philhar’ de Radio France est ouverte !

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Pour son concert de rentrée, le Philhar' de Radio France avait confié la baguette à Santtu-Matias Rouvali. Comme de nombreux chefs d'orchestre tous plus talentueux les uns que les autres, et souvent extrêmement jeunes (à presque quarante ans, lui ferait presque office de doyen), il vient de Finlande. Actuellement chef principal du Philharmonia Orchestra, il est déjà un fidèle du Philhar’, qu’il dirige tous les deux ans depuis 2019.

Le programme qu’ils avaient choisi était précisément placé sous le signe de la fidélité. Il était de circonstance pour ouvrir la saison.

20 ans du Festival de Rocamadour : une célébration d’éternité musicale

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Sous le thème du « Chemin d’éternité », Rocamadour célèbre, du 15 au 26 août, la 20ᵉ édition de son festival. Haut lieu de spiritualité, si cher à Francis Poulenc, la basilique Saint-Sauveur — avec sa célèbre Vierge noire —, et la Vallée de l’Alzou, en contrebas du sanctuaire, ont déjà vibré au rythme de deux soirées aux visages contrastés : les deuxième et troisième Sonates de Brahms et la transcription pour violon de la Sonate n° 2 pour alto et piano, portées par Renaud Capuçon et Guillaume Bellom, puis, le Requiem de Mozart par l’orchestre Consuelo.

Soirée Brahms au violon et au piano

En ce 16 août brûlant, le thermomètre avait frôlé les 40 degrés. Même à la tombée de la nuit, la basilique Saint-Sauveur, lieu de pèlerinage sur le chemin de Compostelle, gardait une chaleur lourde et vibrante. Dans ce climat étouffant, l’écoute de Brahms se modifie profondément : les murs, baignés d’une acoustique généreuse, amplifient chaque son et imposent aux musiciens une adaptation permanente. Renaud Capuçon, sur son Guarneri del Gesù « Panette » — ce violon légendaire jadis appartenu à Isaac Stern — a dû modeler ses phrasés avec minutie, parfois au prix d’une certaine uniformité. L’intensité dramatique, atténuée par l’espace, cède la place à une fluidité continue, comme un courant d’eau.

À ses côtés, Guillaume Bellom, au piano Bechstein, se fait pilier et contrepoids. Par la densité de ses accords, il cherche à maintenir la tension, à compenser ce que l’acoustique dilue de l’élan brahmsien. Si certains passages perdent leur vigueur, les mouvements lents s’épanouissent au contraire avec une grâce : le chant trouve dans la résonance une couleur d’harmoniques généreuses. Ainsi, l’ « Adagio » de la Troisième Sonate op. 108 déploie toute sa tendresse, s’étirant dans un lyrisme lumineux.