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Come Bach au Lucernaire : l’universalité du Cantor de Leipzig comme héritage

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Portée par un quatuor féminin débordant d’énergie et de complicité, ce tourbillonnant hommage à Bach mis en scène par Gérard Rauber démontre tant son œcuménicité que la multitude de ses influences.

Peut-on concilier musique classique et humour ? Dans une piètre interprétation du rire bergsonien, la grande majorité des spectacles prétendant s’y risquer se bornent, à la manière d’une mauvaise comédie populeuse, à souligner un supposé décalage entre des gags plus ou moins gras et les aspects supposément altiers et élitistes du genre musical. Tel n’est fort heureusement pas le cas de ce spectacle où l’humour, fort variable dans ses formes, allant du pantomime avec le B-A-C-H d’Arvo Pärt au calembour avec la Bacchanale de Saint-Saëns, tout en passant par une explication du contrepoint particulièrement savoureuse, demeure toujours en musicalité et diablement rythmée; et ne vient que renforcer la facilité d’accès au compositeur et ses émules.

La qualité musicale n’est d’ailleurs pas en reste. On se demande encore comment Anne Baquet réussit à surmonter ce marathon vocal sans se réhydrater une seule fois durant ce kaléidoscope d’1h10. La projection est toujours bien dosée et l’articulation claire à l’instar des voyelles et « Ma plus courte chanson », le timbre déploie une musicalité remarquée, vectrice d’émotion. Au piano, Christine Fonlupt (en alternance avec Claude Collet) se démarque quant à elle tant par ses grandes qualités d’écoute dans les passages accompagnateurs, mais aussi, notamment par la puissance chaloupée de son jeu dans la toccata de Kaspoutin.