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Intégrale du Chansonnier de Louvain par l’Ensemble Sollazzo : magistral et déjà historique

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Leuven Chansonnier. Œuvres de Johannes Ockeghem (c1410-1497), Antoine Busnoys (c1430-1492), Gilles Binchois (c1400-1460), Firmin Caron (fl c1460-1475), Barbingant (fl c1445-1460), Robert Morton (c1430-1479), Walter Frye ( ?-c1475) etc & anonymes. Sollazzo Ensemble. Carine Tinney, Marie Théoleyre, Yukie Sato, Perrine Devillers, soprano. Andrew Hallock, contre-ténor. Jonatan Alvarado, Lior Leibovici, Vivien Simon, ténor. Johanna Bartz, traverso. Adrien Reboisson, chalémie, douçaine. Patrick Denecker, chalémie. Rémi Lécorché, sacqueboute. Sophia Danilevskaia, vielle. Filipa Meneses, Anna Danilevskaia, vihuela de arco. Franziska Fleischanderl, psalterio. Floris De Rycker, guiterne, luth. Lukas Henning, Jan Van Outryve, Christoph Sommer, luth. Livret en anglais, français, néerlandais ; paroles en langue originale, traduction en anglais et néerlandais. Janvier 2019 – juillet 2023 (rééd.). Digipack trois CDs 71’06’’ + 72’20’’ + 73’46’’. Passacaille 1150

Orgue, consort instrumental et voix : un riche portrait de Tarquinio Merula

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Concerti Spritituali. Tarquinio Merula (1595-1665) : sonates, chansons, motets, pièces d’orgue. InALTO, Lambert Colson. Alice Foccroulle, soprano. Lambert Colson, cornet. Guy Hanssen, Bart Vroomen, trombone. Marie Rouquié, violon. Christoph Sommer, théorbe. Bernard Foccroulle, orgue continuo et de la Basilica di Santa Barbara de Mantoue. Septembre, novembre 2024. Livret en anglais, français. 77’12’’. Ricercar RIC474

Au festival Ex-Tempore de Leipzig

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Le 9ème Festival d’improvisation de musique ancienne Ex-Tempore s’est tenu à Leipzig du 2 au 5 octobre 2025. Il conviait le public à quatre concerts très variés, trois journées complètes de masterclasses /ateliers avec 11 professeurs ainsi que deux soirées de Jam Session « après concert » ouvertes à tous dont la première était dansée. 

Venise 1625 était le titre du concert d’ouverture du jeudi 2 octobre dans la Alte Börse de Leipzig. L’ensemble all’improvviso et la soprano Viola Blache nous ont offert des interprétations uniques d’œuvres de Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli, Alessandro Grandi et Heinrich Schütz — des versions qu’on n’entendra qu’une seule fois, car elles étaient magnifiquement improvisées.

Jamais je n’avais ressenti avec autant d’évidence le lien rhétorique entre la musique et le texte dans ce répertoire italien du début baroque. Ce soir-là, il s’est déployé avec une force et une justesse saisissantes.

Le premier air, Quel sguardo sdegnosetto de Monteverdi, basé sur une chaconne, a été interprété avec une originalité remarquable. Là où les trois strophes sont habituellement enchaînées, nous avons eu droit à de véritables improvisations instrumentales insérées entre elles, chacune construite sur la chaconne, venant souligner et approfondir le jeu amoureux exprimé par le texte. Un rendu d’une grande finesse.

La soprano Viola Blache manie sa voix et ses diminutions avec la même agilité que les dessus instrumentaux. Sa parfaite maîtrise de l’interprétation historique lui permet d’improviser des ornements nombreux, toujours expressifs, sans jamais les alourdir par un vibrato excessif — ce travers fréquent chez des voix trop puissantes ou trop tendues pour ce répertoire.

Dans Et è pur dunque vero de Monteverdi, les ritournelles — à la flûte comme au violon — prenaient une saveur toute particulière. Martin Erhardt excelle à la flûte à bec, à la fois comme interprète et improvisateur, tout comme Michael Spiecker au violon, Christoph Sommer au théorbe avec son jeu tout en écoute et en résonance, et bien sûr la très subtile violiste Miyoko Ito, elle aussi improvisatrice hors pair.