Les Talens lyriques bouclent la boucle avec Cadmus et Hermione de Lully à la Philharmonie de Paris
En 2001, les Talens lyriques et leur chef Christophe Rousset enregistraient Persée, de Lully. 24 ans et 13 tragédies-lyriques plus tard, ils concluent en beauté leur intégrale Lully, avec Cadmus et Hermione à la Philharmonie de Paris.
Entre les tragédies-ballets de Jean-Baptiste Lully et les Talens lyriques, du claveciniste et chef d'orchestre Christophe Rousset, un lien fort s'est noué, fait d'amitié, de compréhension mutuelle et de fidélité. Initié en 2001 avec Persée, il se conclut cette année avec Cadmus et Hermione. 24 ans pour donner en concert et enregistrer au disque les 13 tragédies-ballets du compositeur officiel du Roi-Soleil, qui magnifient le style à la française et, qui sait, initient la French touch. Finalement, Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo, ex-Daft Punk, ne sont-ils pas eux aussi originaires de Versailles ?
Si Cadmus et Hermione est la première tragédie lyrique de Lully, c'est la seule à laquelle les Talens Lyriques ne s'étaient pas encore consacrés. C'est à présent chose faite, avec la représentation qui en a été donnée, le 25 janvier dernier dans la salle Pierre Boulez de la Philharmonie de Paris.
Le moins que l'on puisse dire est que cette équipe artistique connaît son Lully sur le bout de ses doigts. Le plateau vocal est équilibré et talentueux, mené par un Cadmus conquérant et séduisant (Jérôme Boutillier) et une Hermione (Éléonore Pancrazi) charmante d'aisance et d'agilité vocale. Les musiciens offrent une partition fluide et maîtrisée et le chœur est parfaitement affûté. Quant à la partition, elle est riche en contrastes, de la grandiloquence altière toute à la gloire de Louis XIV à des scènes émouvantes d’intimité, en passant par de charmantes danses aux jolis effets percussifs ou encore par des traits d’humour efficaces et des situations bien campées.