Mots-clé : Lucas Pauchet

Deux petits bijoux de Leonard Bernstein, avec David Stern en maître d’œuvre inspiré

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Le point commun entre les deux œuvres de ce concert : le couple, selon le grand compositeur américain (dont, au passage, l’homosexualité était notoire, ce qui ne l’a pas empêché de faire un véritable mariage d’amour avec Felicia Montealegre).

Tout d'abord avec le court (une quarantaine de minutes) opéra en un acte Trouble in Tahiti. Daté de 1951 (soit quelques années avant West Side Story, l’œuvre qui a fait la gloire éternelle du compositeur), au moment de son mariage, il tient autant de la comédie musicale la plus légère, que de l’opéra le plus profond, en passant par la musique de pub. Sur fond de critique de la société américaine qui idéalise la famille de classe moyenne dans son pavillon de banlieue (rêve incarné par un « Trio » de chanteurs, qui, à la manière du chœur grec antique, commentera le récit avec un sarcasme savoureux), un couple (Sam et Dinah) s’embrouille. On découvre un homme égoïste en famille, préoccupé avant tout par son sport et sa carrière, mais charmant dans son monde professionnel (avec ses clients et sa secrétaire), et une femme jalouse, en souffrance, qui raconte ses rêves torturés à son analyste... et finalement tout aussi égoïste. L’après-midi, pendant que Sam s’enorgueillit d’exploits sportifs, Dinah va au cinéma voir un médiocre film sentimental : Trouble in Tahiti. Le soir, à la maison, ils tentent tant bien que mal de se retrouver. Il lui propose d’aller au cinéma, voir... Trouble in Tahiti. Elle accepte. Vont-ilsainsi raviver leur amour ? Ou n’est-ce qu’un nouvel artifice ? Bernstein composera une suite, A Quiet Place, en 1983, dans laquelle il y a peut-être la réponse...