Yutaka Sado et Javier Perianes avec l'OPMC
L’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo invitait le chef d’orchestre japonais Yutaka Sado et le pianiste espagnol Javier Perianes. L’Auditorium Rainier III affichait presque complet pour ce concert symphonique qui réunissait le dynamisme et l’art du chef japonais à la sensibilité poétique du pianiste espagnol.
Le programme proposait des œuvres particulièrement appréciées du grand public. Il s’ouvrait avec L’Apprenti sorcier de Paul Dukas. Sado débute prudemment, soignant le ciselé instrumental — les flûtes notamment. Il sait ménager les surprises et faire monter progressivement la tension. On perçoit pleinement l’esprit du poème symphonique de Dukas : sa drôlerie, sa tendresse, mais aussi son inquiétude lorsque la machine se dérègle et s’emballe. La pulsation ne se relâche jamais, variant et relançant constamment les épisodes : timbales claquantes, moments d’effusion, basson goguenard, tempêtes de cordes… C’est drôle, coloré, imagé, d’une maîtrise instrumentale et d’une puissance d’évocation étourdissantes.
Javier Perianes arrive sur scène avec une énergie presque pugilistique et se précipite vers le piano. Une fois installé au clavier, Perianes joue avec affection, sensibilité, plaisir et une virtuosité toujours au service du Concerto d'Edvard Grieg, qu’il interprète avec fraîcheur et une éloquence profonde et authentique.
Yutaka Sado est reconnu pour son style de direction énergique et sa vision musicale claire, façonnant les œuvres avec précision et une grande maîtrise. Javier Perianes, de son côté, séduit par son toucher raffiné, son phrasé lyrique et sa profonde intelligence interprétative. Ensemble, ils proposent un voyage musical captivant et raffiné, jouant sans cesse sur le contraste entre grandeur orchestrale et intimité poétique.