Sonya Yoncheva revient à Haendel

par
Yoncheva

Georg Friedrich HAENDEL
(1685 - 1759)
Airs de Giulio Cesare in Egitto, Alcina, Theodora, Rodelina, regina de’ Longobardi, Agrippina, Rinaldo 
Henry PURCELL
(1659 - 1695)
« Thy hand, Belinda…When I am laid in earth (Dido and Aeneas)
Sonya Yoncheva, soprano – Karine Deshayes, mezzo-soprano – Academia Montis Regalis, Alessandro De Marchi, direction
2017-DDD-63’45-Textes de présentation en anglais, allemand et français-Sony Classical 88985302932
La soprano bulgare Sonya Yoncheva revient à ses débuts en proposant un album consacré à Haendel, avec un léger détour par Purcell. Dix airs extraits de six opéras de Haendel composent donc ce récital où l’on se plaît à découvrir l’évolution de la voix de Yoncheva qui ne manque ni de puissance ni de facilité technique lorsqu’il s’agit d’ornementer ou lors des redoutables vocalises. Une évolution fulgurante de celle qui a fait ses débuts aux côtés de William Christie, Diego Fasolis… et qui ne se prive pas à le montrer avec toute la franchise et la sincérité qu’on lui connaît. Avec la couleur dramatique apportée dans l’air « Se pietà di me non senti » (Giulio Cesare in Egitto) par l’Academia Montis Regalis sous la baguette d’Alessandro De Marchi (qui tient aussi la partie de clavecin), Yoncheva impose immédiatement le ton : une forme de pureté débouchant sur un vibrato soigné lorsque l’expression le lui permet. « Pensieri, voi mi tormentate ! » (Agrippina) s’impose par un enchainement dramatique tantôt introspectif, tantôt foudroyant, tandis que les changements de couleurs, notamment dans « When I am laid in earth » (Dido and Aeneas, Purcell), nous saisissent au cœur. Les personnages d’Alcina, Theodora, Morgane, Rodelinda ou encore Almirena ne sont pas en manque de la grande faculté de Yoncheva à incarner un rôle. Le ton change, l’état d’esprit aussi, allant volontiers embellir la voix, en permanence renouvelée. La mezzo Karine Deshaye apporte son concours dans les airs « Io t’abbracio » (Rodelinda) et « To thee, thou glorious son of worth » (Theodora). Un mariage réussi où les deux voix dialoguent avec aisance, ne formant en réalité qu’une seule voix. Soulignons enfin cette énergie au service du discours soutenue par un orchestre attentif mais qui aurait pu être plus audacieux pour redynamiser certaines pages parfois trop linéaires.
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 9

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