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David Munrow : la redécouverte d’un moment essentiel de l’interprétation de la musique ancienne

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The Art of David Munrow – Complete Warner Edition. The Art of David Munrow ; The Pleasures of the Royal Courts ; Susato, Morley : danses ; Henry VIII and his Six Wives ; Music for Ferdinand and Isabella of Spain ; The Art of Courtly Love ; Bach : concertos ; Renaissance suite « La course en tête » ; Dufay : Missa « Se la face ay pale » ; Praetorius : danses de Terpsichore, motets ; Telemann : suite ; Sammartini ; Haendel : concertos ; The Art of the Recorder ; Monteverdi : Vespro della Beata Vergine ; Purcell : odes ; Instruments of the Middle Ages and Renaissance ; The Art of the Netherlands ; Greensleeves to a Ground ; Monteverdi's Contemporaries (D'India, Grandi, Mainerio…). David Munrow ; James Bowman (contreténor) ; The Early Music Consort of London ; The Morley Consort ; David Munrow Recorder Consort ; Academy of St Martin in the Fields, Neville Marriner (direction) ; The Menuhin Festival Orchestra, Yehudi Menuhin (direction) ; The Virtuosi of England, Arthur Davison (direction) ; London Philharmonic Orchestra, Adrian Boult (direction).Textes de présentation en français, anglais et allemand. Environ 20 h 29. 21 CD Erato / Warner Classics 2685432094

Johann Stiastny : Conversations au plus haut niveau entre de deux violoncelles

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Johann Stiastny (vers 1764 – vers 1826) : Œuvres pour deux violoncelles Vol 3. : Six duos pour deux violoncelles Opus 1 : n° 1 en La Majeur – n° 2 en Fa Majeur – n° 3 en Mi bémol Majeur – n° 4 en Ut Majeur – n° 5 en La Majeur – n° 6 en Sol Mineur – Alexander Hülshoff et Martin Rummel, violoncelles. 2023 - Livret en anglais et en allemand. Paladino Music. PMR 0133.

A La Roque d’Anthéron, dans la magie réfléchie des Etudes, Vanessa Wagner fait rentrer Philip Glass dans le monde des grands compositeurs pour piano

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Les 20 Etudes occupent une place à part dans l’œuvre de Philip Glass. Quand il les aborde en 1994, c’est pour son propre usage de pianiste, prenant en compte le côté limité de ses moyens techniques. Peu à peu, toutefois, le discours se creuse et le compositeur new yorkais crée d’incroyables voyages aux ressources inépuisables qui deviennent presque des poèmes symphoniques pour piano seul. Dès leur publication officielle en 2014, les Etudes seront visitées par nombre de pianistes, pas toujours intégralement. La référence restera toutefois Maki Namekawa que l’on a attendue deux fois à Bruxelles et qui en prépare un deuxième enregistrement. De son côté, le Festival de la Roque d’Anthéron en programmait une exécution intégrale confiée à parts égales à Celia Oneto-Bensaïd et Vanessa Wagner et cette année, cette dernière était de retour le 31 juillet dernier au Parc de Florans pour une interprétation complète qui pousse ces pages fascinantes aux limites mêmes de leur potentialité. Une démarche qu’elle a gravé sur un disque paru en 2025 chez Infiné Music.

Une fascination de la longueur autour d’un travail thématique minutieux

Les Etudes de Glass n’ont pas de sous-titres et ne sont pas basées sur la démonstration virtuose. Elles nous racontent plutôt des histoires, timides souvent, parfois secrètes au début mais qui vont se corser au fil des répétitions où les quelques notes du thème de base vont circuler au travers de la structure sonore et que le soliste doit pourchasser avec malice. Et c’est ici que Vanessa Wagner conduit un remarquable travail d’architecte conduisant chaque pièce jusqu’à ses développements ultimes. Mais dans une genèse discrète où la fascination thématique, omniprésente bien que parfois en sous-main, installe des climats d’une magie envoutante qui emmène l’auditeur vers d’impressionnants sommets expressifs ou d’affolantes plongées en abime. C’est une sorte de radioscopie de l’âme humaine que nous décrit Vanessa Wagner sans jamais se départir d’un flegme souverain. Il faut la voir droite et nette devant son clavier comme une vestale habitée de son art mais qui, visuellement,  reste imperturbable et fait monter l’atmosphère du seul rendu de son piano. Il faut dire que le plein air maîtrisé du Parc de Florans permet une richesse des plans sonores qu’on n’atteindrait sans doute pas en salle.