Janet Baker

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SCHUBERT Lieder, CHAUSSON, Poème de l'amour et de la mer, BERLIOZ, Nuits d'été, SCHOENBERG, Gurrelieder, GLUCK, LULLY, MARCELLO, BERKELEY, FINZI, VAUGHAN WILLIAMS, BRITTEN, PURCELL, WARLOCK
LONDON SYMPHONY Orchestra, LONDON PHILHARMONIQUE Orchestra dir.: Evgeny SVETLANOV, Carlo-Maria GIULINI, Norman DEL MAR, Graham JOHNSON, Martin ISEPP, Geoffrey PARSONS
2011- 3 CD Stereo ADD/DDD- CD 1 73'06- CD2 75'15- CD3 78'04- Présentation anglais, français, allemand-Pas de livret ni de textes- Chanté en anglais, français, allemand- italien- BBC Legends BBCL 5006-2

Voici réunis en un coffret trois des nombreux enregistrements de la BBC qui comblent ou complètent l'abondante discographie de Dame Janet Baker parue sous les labels EMI, Virgin classics, Philips, Erato Hypérion, Decca, Regis...
Née en 1933, elle fait ses débuts en 1956 et s'éloigne des scènes d'opéra en 1982 mais continuera d'enregistrer jusque dans les années 90. Les archives BBC proposées ici vont de 1963 à 1983 (pour les chansons anglaises et airs chantés au festival de Cheltenham). Ainsi, l'essentiel se situe dans les années 70 où la voix et l'art de la mezzo-soprano sont à leur zénith et ne fait pas doublon avec les disques existants (sauf ceux déjà diffusés seuls hors coffret).
Avec un timbre et une émission singuliers, une sensibilité très fine, une intelligence des textes étonnante et une musicalité prodigieuse, la carrière de la jeune Janet Baker s'envole vite grâce aux rencontres de Sir John Barbirolli, Benjamin Britten et Gérald Moore. Dès 1966, quand elle remporte le 2e prix au concours ...Kathleen Ferrier – qui lui vaut une bourse au Mozarteum de Salzbourg. Bref, à moins de trente ans, elle s'impose partout et en tous genres puisqu'elle aborde avec un même bonheur l'opéra (Didon de Purcell, Orphée de Gluck), la cantate (Phèdre de Britten) et bien évidemment la mélodie- de Lully à Berlioz, de Chausson à Schoenberg.
Son mezzo de couleur claire, brillante même parfois se déploie en grandes orbes aux phrasés très expressifs grâce à une émission franche légèrement nasalisée, nette même lorsqu'elle s'exprime autrement qu'en anglais. L'élan,la vitalité, l'emportement de cette voix sont si évidents qu'on en arrive à ne pas remarquer certains déplacements d'accentuation ou une prosodie étrangère au texte en cas de «pannes de mémoire» (Poème de l'Amour de Chausson; Sehnsucht de Schiller, vers 25). Ce qui s'impose avant tout c'est le goût parfait, l'intériorité qui font merveille dans les Schubert (à partir de divers récitals donnés de 1970 à 1980 à Aldeburgh et Edimburg). Mêlant détimbrages subtils, héroïsme (Die junge Nonne) ou espièglerie ( Der Jungling und der Tod), elle excelle à traduire les basculements intimes des modulations de Schubert et plonge l'auditeur dans un flux constant: elle est pleinement «dans» la musique. L’anthologie tirée d'un récital de 1983 au Festival de Cheltenham ( Gluck, Lully, Marcello, et des chansons anglaises) semble un peu moins flatteur que les airs de Purcell et Warlock chantés 15 ans plus tôt ( 10 juin 1968) à Aldeburgh.
On peut préférer les œuvres des même compositeurs anglais accompagnés par Gérald Moore (1969). En revanche, 8 ans avant la version dirigée par Barbirolli sans parler de la version 89/90 avec Richard Hickox, les Nuits d'été de Berlioz sont ici somptueusement dirigées par Giulini (1975). Le Poème de l'Amour et de la mer de Chausson, la même année, sous la baguette de Svetlanov ne fait pas oublier la grande Irma Kolassi. Enfin 5 ans avant l'enregistrement en direct au Danemark des Gurrelieder, la BBC propose ici l'exécution dirigée par Del Mar au Royal Festival Hall. Le tout bien capté et remastérisé.
Bénédicte Palaux Simonnet

Son 10 - Livret 10 - Répertoire 10 - Interprétation 10

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