Carlos Païta, filiations tchèques 

par

Antonín Dvořák (1841-1904): symphonies n°7 à n°9Leoš Janáček (1854-1928) : Taras Bulba. Philharmonic Symphony Orchestra et Royal Philharmonic Orchestra, direction : Carlos Païta. 1980-1982-1989. Livret en français et anglais. 2h16’21’’. 2 CD Palais des Dégustateurs PDD045. 

Suite des albums de la série consacrée à Carlos Païta par le Palais des Dégustateurs. Cette nouvelle étape nous conduit en République thèque avec la réédition des enregistrements en studio des trois dernières symphonies d’Antonín Dvořák mais également avec une interprétation du Taras Bulba de Leoš Janáček, captée en concert. 

Nous commencerons notre évocation par le poème symphonique de Leoš Janáček, porté par une énergie incandescente qui allie l’urgence dramatique absolue à une opulence orchestrale mettant en avant la beauté et la modernité de l’écriture du compositeur avec une apothéose d’anthologie.  Du grand art de chef avec un orchestre concentré et appliqué qui semble se complaire dans cette musique démonstrative. 

Les trois dernières symphonies de Antonín Dvořák ont toujours été des classiques de l’art du chef. Si vous cherchez un Dvořák qui respire les parfums des sous-bois tchèques, ces interprétations ne pourront pas vous combler. Avec Carlos Païta, on est dans un art de la direction pour de la direction, ça avance souvent au galop, et c’est unilatéral sans la moindre concession. On est ici dans du Dvořák en mode concerto pour orchestre mais avec ce qu’il faut d’impact et de tensions. On peut prendre le premier mouvement de la Symphonie du “nouveau monde” ou Dvořák cravache son cheval dans les paysages américains. Dès la deuxième minute, porté par des timbales, le rouleau compresseur orchestral est en marche et ça défile. L’orchestre est serré par cette optique conquérante et les pupitres se livrent plus en bloc compact qu’en individualités. Seule source d'étonnement de cette lecture, on mouvement lent, fort lent qui tire jusqu'au quart d’heure, et qui peine à être habitué. A part ce relatif temps mort, on tient une lecture au panache façon Paul PAray (Mercury) ou Leonard Bernstein (Sony). 

Pas de chute de tensions par contre avec les Symphonies n°7 et n°8, portées par une énergie vivifiante et une pulsation irrésistible. C’est de la grande fête orchestrale d’un chef qui joue de son orchestre : puissant et virtuose dans les passages rapides des mouvements médians, dansant et chorégraphié dans les scherzos et narratif et suggestifs dans les mouvements lents. On aime particulièrement cette attitude du chef,  à construire la tension sur l’ensemble d’un mouvement, à galvaniser les climax et à libérer une énergie dans les dernières mesures, portant l’interprétation à son paroxysme. 

Encore une excellente parution de cet immense chef d’orchestre  ! On en redemande ! 

Son : 8 - Livret : 9 - Répertoire : 10 - Interprétation : 9/10

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