Galop réussi pour le Nouvel An de l’Orchestre philharmonique de l’Oise aux Grandes Écuries de Chantilly
L’Orchestre philharmonique de l’Oise donnait ce week-end à Chantilly deux représentations de son annuel concert du Nouvel An, sous ce dôme des Grandes Écuries qui voit défiler nombre de formations symphoniques, et non des moindres, de l’Orchestre national de Lille au Philharmonique de Radio France en passant par Les Siècles ou les Talens Lyriques.
On ne sait jamais à quoi s’attendre en allant écouter un orchestre constitué d’amateurs et d’étudiants, ici encadrés par des musiciens professionnels bénévoles. Cette fois la surprise fut excellente : le programme, ramassé sur une douzaine d’œuvres et astucieusement conçu pour naviguer entre les différents incontournables viennois de début d’année, commença le voyage par une mazurka et quelques polkas bien choisies, la valse sachant se faire désirer jusqu’après l’entracte. Les prises de parole du chef avant chaque œuvre, toujours très drôles et dynamiques, surent intéresser le public aux aspects historiques et instrumentaux des partitions avec humour et bonne humeur.
Les musiciens livrèrent une prestation bien plus qu’honorable : emmenés par l’énergie communicative et entièrement sécurisés par la technique sans faille de leur directeur musical Sylvain Leclerc, ils offrirent au public des interprétations hautes en couleur et en contrastes, aucune prise de risque ne semblant les effrayer - qu’il s’agisse de pianissimo subito, de longs points d’orgue expectatifs ou de brusques surprises agogiques. Les différents pupitres présentaient une belle homogénéité et les quelques solos du programme – mention spéciale aux bois et à la harpe – permirent à chacun de juger de l’excellent niveau instrumental de plus d’un musicien de l’orchestre.
La gestion du plateau elle-même était du plus grand professionnalisme, et on se souviendra de deux moments phares du concert : les Glockenpolka und Galopp de Joseph Hellmesberger Jr, où l’on eut la chance d’admirer le glockenspiel en position soliste aux côtés du chef, tout comme plus loin dans le programme l’irrésistible The Typewriter de Leroy Anderson pour lequel deux anciennes machines à écrire furent montées sur scène et autour desquelles les quatre percussionnistes rassemblés exécutèrent une performance impeccable et d’une grande élégance.
Avant le French Cancan d’Offenbach et la Marche de Radetzky de Johann Strauss I en bis, qui nous rappellent toujours combien la musique classique sait aussi hisser légèreté et séduction au sommet de l’art, deux pages de John Williams, Across The Stars et Cantina Band permirent d’inviter un compositeur vivant dans la partie sans faire fuir le public. Un public aux anges dans une salle comble, qui ressortit enchanté et plein de gratitude pour ces musiciens et leur chef, si généreux, qui nous rappellent que dans « amateur » il y a avant tout « aimer » et qu’il est encore possible de voir quatre-vingts musiciens d’orchestre sourire sur scène !
Chantilly, Grandes Écuries, 24 janvier 2026
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