Golden Age : un duo de haut vol pour un siècle d'opéra

par

Duos et airs de Rossini, Donizetti, Bizet, Verdi, Delibes. Erin Morley, soprano ; Lawrence Brownlee, ténor. Münchner Rundfunkorchester, dir. Ivan Repušić. 2025. Notice en anglais. 62’53. Pentatone PTC 5187 400.

La renommée du ténor Lawrence Brownlee, pilier du répertoire bel cantiste, n'est plus à faire. Pour ce nouveau récital chez Pentatone, il s'associe à la soprano américaine Erin Morley dans un programme d'une grande exigence technique. Si le titre de l'album, « Âge d'or », tente d'unifier une période stylistique aux visages multiples, c'est avant tout la perfection formelle des deux interprètes qui retient l'attention.

Le programme propose un voyage chronologique et stylistique s'étendant du Comte Ory (1828) de Rossini aux affirmations de l'opéra-comique de Gounod ou Bizet. Cet éclectisme assume des disparités importantes, mêlant tragédie lyrique (Marino Faliero), opéra semi-seria, opéra-comique (Lakmé) et opera buffa (Don Pasquale).

Donizetti se taille la part du lion avec La Fille du régiment et le rare Marino Faliero. On mesure la diversité des défis vocaux en convoquant l'ombre des créateurs de ces rôles, d'Adolphe Nourrit à Rubini ou Mario, exigeant des tessitures et des capacités d'émission fort variées.

Lawrence Brownlee comblera ses admirateurs, notamment dans une romance de Nadir (Les Pêcheurs de perles) idéale de style, d'onctuosité et d'intensité expressive — véritable pièce phare du disque. Face à lui, Erin Morley déploie un timbre cristallin et une agilité constante. Si sa voix reste plus légère que celle, plus charnue et hédonique, de son partenaire, leur complémentarité est manifeste.

Toutefois, l'exercice du duo isolé de son contexte dramatique peine parfois à faire naître les étincelles ou la tension comique que l'on trouve sur scène. L'ensemble demeure plaisant et d'une exécution irréprochable, bien que l'on puisse regretter une prise de son manquant d'enveloppement pour le Münchner Rundfunkorchester, plaçant les voix très en avant.

Enfin, pour un répertoire majoritairement créé à Paris et chanté en français, l'absence de notice dans la langue de Molière est regrettable.

Note : 9 - 9 - 8 - 9

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