Verdi et Teresa Stolz

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Après les trente-six lettres au librettiste Salvatore Cammarano (sur le point d'être vendues aux enchères en 2017 et acquises par le ministère italien de la Culture) et les quatorze adressées par Giuseppe Verdi à l'impresario Alessandro Lanari (mises aux enchères l'année suivante), on apprend l'existence de 155 lettres -pour la plupart inédites- envoyées à Teresa Stolz et que les héritiers de la chanteuse ont mis en vente il y a quelques années.
La soprano tchèque Teresa Stolz (1834-1902) occupe une place importante dans la biographie de Verdi. Elle a été la première Leonora lors de la première italienne de La Forza del destino, la première Aida en Italie et la première interprète de la Messe de Requiem.
Mais les chemins qui ont croisé la vie de Verdi et de Stolz n'étaient pas seulement artistiques. La rumeur faisait d'elle l'amante de Verdi, de vingt ans son aînée.

Pendant des décennies, les musicologues ont tenté d'élucider cette relation sans parvenir à une conclusion définitive. Les lettres en question pourraient donc apporter un éclairage supplémentaire. La correspondance Stolz comprend également 80 lettres écrites par Giuseppina Strepponi, l'épouse de Verdi, dans lesquelles le ton est celui d'une conversation familiale, sans aucune allusion à des sujets sentimentaux. Sur les 155 lettres de Verdi, 75 datent des quatre dernières années de la vie du musicien -alors qu'il était veuf. Leur contenu suggère l'existence d'un sentiment profond qui a pu dépasser la simple amitié, comme lorsque le compositeur écrit : "Nous serons seuls ! Je n'inviterai ni Giulio [Ricordi] ni Boito ce jour-là" ou "Mille baisers, et je n'en rajouterai pas".

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