Mots-clé : Jean-Claude Vanden Eynden

Les Flagey Piano Days : un kaléidoscope intergénérationnel qui fait tourner les têtes

par

Au fil des ans, les Flagey Piano Days sont devenus l’événement phare de l’actualité

pianistique bruxelloise. Pour sa diversité des genres tout d’abord, pour l’incroyable sélection de talents fêtés, reconnus ou à découvrir. Flagey n’a pas son pareil pour confronter maître et élèves comme Vinnitskaja, ses propres élèves et son maître Kirillov il y a deux ans. Au seuil de cette nouvelle édition, Gilles Ledure parcourt avec nous une programmation qui, une fois encore, s’impose dans sa diversité.

Les Flagey Piano Days tournent souvent autour d’une toute grande pointure autour de laquelle se greffent une série de références. Rana, Leonskaja, Aimard, l’édition 2026 préfère proposer un assaut de références, par ailleurs d’âges très variés.

C’est vrai qu’en 2026, nous avons élargi le champ de nos références mais il est bon de temps en temps de laisser respirer une formule. Nos références balaient les 60 dernières années. Et c’est vrai qu’une programmation doit parfois s’ouvrir à la disponibilité soudaine de certains interprètes. C’est le cas de Pierre-Laurent Aimard qui nous propose un face à face Schubert-Kurtag que nous venons de découvrir avec fascination en compagnie d’Andsnes et Chamayou.

Leonskaja est la grande dame que l’on sait. Elle nous offre un complet parcours viennois : 3e concerto de Beethoven avec Ono mais aussi, en récital, Mozart, Schubert et…Schoenberg auquel elle vient de consacrer un disque passionnant. (Warner Classics).

Quant à Béatrice Rana, c’est incontestablement un phare de la nouvelle génération qui ne cesse de nous entraîner dans des aventures innovantes : cette fois-ci de la musique de danse de Prokofiev et Tchaïkovski à la modernité cinglante de la 6e sonate de Prokofiev et du Livre II des Etudes de Debussy.

Et je voudrais encore ajouter Jonathan Biss, un artiste majeur aux Etats Unis, notamment dans le répertoire romantique qui, pour nous, fera cohabiter Schumann et Mendelssohn avec Janacek et Kurtag.

Cela ne vous empêche de prendre des paris sur certaines carrières.

Nous aimons révéler des artistes en qui nous croyons. J’en citerai trois. Dmytro Choni, un pianiste ukrainien qui vit à Vienne et a été remarqué aux concours Van Cliburn et de Liszt et dont le programme nous inviter à pénétrer le monde de la forme courte avec Debussy, Brahms et Mendelssohn. Alexandre Malofeev qui s’est déjà produit à Flagey en 2025 et qui, à 25 ans, s’annonce déjà comme un grand produit de l’école russe et qui sort résolument des sentiers battus en abordant aussi bien Rautavaara et Lourié que Grieg ou Prokofiev. Et enfin Eric Lu que, dans la foulée au Concours de Leeds, nous avions décidé d’inviter à Flagey avant qu’il ne remporte en octobre dernier le Concours Chopin à Varsovie. Son concert coïncidera avec le lancement de son récital Schubert-Chopin chez Warner Classics.

Miniatures pianistiques belges

par

Pièces égoïstes. Oeuvres pour piano de Joseph Jongen (1873-1953), César Franck (1822-1890), Arthur De Greef (1862-1940), Michel Lysight (1958), Guillaume Lekeu (1870-1894), Léon Jongen (1884-1969) , Théo Ysaye (1865-1918) et Frederik van Rossum (1939-2025). Jean-Claude Vanden Eynden, piano. 2025. Livret en français, anglais, néerlandais, allemand. 65’18. Musique en Wallonie, MEW 2511. 

Hommage à Eduardo del Pueyo

par

Eduardo del Pueyo est né le 29 août 1905 à Saragosse où il entreprend ses études musicales. A 12 ans, il donne son premier concert public, engagé par le Cercle des Beaux-Arts de Madrid où il poursuivra ses études avec José Balsa. A l'âge de 15 ans, il reçoit une bourse pour se perfectionner à l'étranger. Il choisit Paris où il s'installe avec sa mère. Paris, 1921, capitale mondiale des arts. Il y rencontre Stravinsky, Ravel, suit assidûment les conférences du philosophe Alain, joue pour Madame Debussy, côtoie les peintres et les hommes de lettres. Une anecdote montre bien la détermination de l'adolescent : alors que Marguerite Long régnait en maître dans la capitale, le peintre espagnol Zuloaga lui présente le jeune pianiste à qui elle propose de devenir son élève. Le jeune pianiste ayant répondu négativement, Zuloaga, fort embarrassé, bredouille que le jeune homme ne parle qu'imparfaitement le français et n'a pas saisi le sens de la question. Mais l'intéressé confirme : "En espagnol ou en français, c'est non !". C'est avec Raoul Lapara qu'il travaillera le piano, et l'écriture avec Montrichard. "Je pose en principe que pour réaliser une bonne interprétation, il faut savoir composer" dira-t-il. La renommée de Del Pueyo fait très vite florès à Paris où il joue dans les plus grandes salles et réunit les critiques les plus enthousiastes. 

Mais ce ne sont pas les honneurs que recherche del Pueyo. A 22 ans, il se retire du monde des concerts pour approfondir son art. Cette parenthèse durera dix années, passées à la maîtrise des Sonates de Beethoven, des grands cycles de Granados et d'Albeniz, les Tableaux d'une exposition de Moussorgsky, l'œuvre pianistique de Debussy et un répertoire concertant réduit mais parfaitement maîtrisé. Jean-Claude Vanden Eynden, un de ses disciples les plus renommés, nous rapporte aujourd'hui des propos de son Maître: Bartok, je ne connais pas ce langage et après, pour moi, il n'y a plus de musique. […] A Bartok, il préférait Prokofiev, un de ses préférés du XXe siècle avec Debussy -dont il réalisa d'ailleurs une intégrale. Mais son répertoire favori restait le grand piano romantique associé à Beethoven, Haydn, Mozart, Bach, poursuit Jean-Claude Vanden Eynden. L'intégrale des Sonates de Beethoven, c'était comme la "marque" d'Eduardo del Pueyo et à plusieurs reprises il la donna en cinq ou six soirées. A ma connaissance, il était le premier à relever cette gageure. 

Approfondir son art, c'était aussi pour del Pueyo élaborer une méthode, une philosophie de l'instrument. Il a l'heureuse opportunité de rencontrer, peu après son dernier concert parisien, Jeanne Bosch Van's Gravemoer, une disciple de Marie Jaëll, elle-même élève de Liszt dont elle avait patiemment analysé le geste pianistique. Alsacienne, amie de Saint-Saëns, Marie Jaëll avait élaboré une méthode, une philosophie qui dépassait largement le piano, cherchant, avec l'aide de psychophysiologistes, à mettre en évidence l'influence du mouvement sur le cerveau et le développement de celui-ci à travers les sensations subtiles éprouvées par les papilles de la pulpe des doigts. J'avoue que cette définition de la "méthode Jaëll" est assez réductrice, mais la développer prendrait des pages et des pages ! Signalons, pour ceux que la méthode intéresserait, que l'ouvrage de Jeanne Bosch à propos de la méthode Jaëll est actuellement en cours de réédition et sera bientôt à nouveau disponible, tout en considérant que c'est avant tout par la pratique que ses adeptes en réalisent les bienfaits. 

Eugène Ysaÿe en coffret

par

Œuvres de Ysaÿe, Chausson, Lekeu, Franck, Debussy. Solistes, Orchestre Philharmonique Royal de Liège, Brussels Philharmonic, Coffret de 5 CDs, Texte de présentation en français, anglais et allemand, Fuga Libera, FUG 758 

Trois lauréats, trois poètes

par

Jean-Claude Vanden Eynden : Robert Schumann (1810-1856) : 12 Etudes symphoniques, Op. 13 – Franz Liszt (1811-1886) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en mib majeur, S. 124 – Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en do majeur, Op. 15


Abdel Rahman El Bacha : Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano n°17 en Sib majeur, KV 570 – Maurice Ravel (1875-1937) : « Scarbo » (Gaspard de la nuit) – Mily Balakirev (1837-1910) : Islamey, Op. 18 – Sergey Prokofiev (1891-1953) : Concerto pour piano n°2 en sol mineur, Op. 16

 

Frank Braley : Franz Liszt (1811-1886) : « Sonetto 123 del Petrarca » (Années de Pèlerinage, S. 161) – Sergey Rachmaninov (1873-1943) : Variations sur un thème de Corelli, Op. 42 - Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonate pour piano n°12 en Fa majeur, KV 332 - Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Concerto pour piano et orchestre n°4 en Sol majeur, Op. 58
Jean-Claude Vanden Eynden, Abdel Rahman El Bacha, Frank Braley, piano – Orchestre National de Belgique, Franz André, Frits Celis, Georges Octors, Ronald Zollman, direction
2016-Live-76’33’’/60’16’’/72’-Textes de présentations en français, néerlandais et anglais-Muso-Mu012/013/014