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Roméo et Juliette de Moricone à l’Opéra de Bordeaux : une entrée au répertoire qui permet de dévoiler les talents de la maison

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Des versions chorégraphiques du drame shakespearien, il y en a eu plusieurs, mais celle de Massimo Moricone, créé en 1991, n’avait jamais été montrée en France : manque comblé grâce à l’Opéra de Bordeaux qui présentait ce ballet pour les fêtes. 

Le ballet suit le destin des jeunes amants de Vérone. Le prologue, fidèle au récit, commence par une annonce de l’issue fatale de cette histoire : les fantômes de Roméo et de Juliette se font face dans un décor antique. 

Les scènes s'enchaînent pour mettre en place l’action jusqu’à la danse des chevaliers : les douze danseurs déploient une énergie communicative, soutenus par l’orchestre dynamique. Les costumes noirs et rouges et la chorégraphie d’ensemble avec des gestes de bras précis et anguleux donnent le ton. 

Puis viennent les instants tragiques des combats de Mercutio et Tybalt. Mercutio, interprété par Sachiya Takata si vif dans ses sauts, est un personnage attachant. Il fait croire à une farce avant qu’on comprenne que sa blessure va lui être fatale. Kylian Tilagone en Tybalt est si charismatique par sa taille et son costume noir qu’on pourrait croire que c’est lui qui va tuer Roméo. Il finit étouffé par ce dernier, nous serons donc privés de sa présence au troisième acte. Ces deux drames si rapides et si denses, sont accentués par une multitude de détails et les costumes des femmes, peut être trop colorés, détournent parfois l'œil du spectateur.