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À Angers, une virtuose du saxophone à l’ONPL

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Omniprésent dans le jazz, le saxophone l’est beaucoup moins dans le répertoire classique où il a pourtant commencé à être utilisé dans l’orchestre par Berlioz, Bizet, Magnard, avant que Ravel, Prokofiev ou Frank Martin ne s’en emparent également. Le dernier concert de l’ONPL (Orchestre National des Pays de la Loire) était une occasion en or pour découvrir les rutilants saxophones alto et soprano joués par la jeune virtuose Asya Fateyeva. Condamné pour son néoclassicisme intempestif qui a relégué sa musique dans l’oubli, Alexandre Glazounov pourrait fort bien revenir en grâce à notre époque où les compositeurs ont cessé d’être sous le diktat impérieux de la modernité. Composé en 1934 lors de son exil parisien, son Concerto pour saxophone alto et cordes, en un seul mouvement, utilise toutes les possibilités expressives de l’instrument dans un langage devant autant à son maître Rimski-Korsakov qu’au souvenir du prodigieux talent mélodique de Tchaïkovski, figure tutélaire de tous les compositeurs russes. Une occasion rêvée pour Asya Fateyeva de déployer une grande qualité sonore et un véritable sens lyrique.

C’est ensuite avec un saxophone soprano que la jeune instrumentiste revient sur scène pour interpréter la brève Fantaisie pour saxophone, trois cors et cordes composée par le très prolixe compositeur brésilien Heitor Villa-Lobos. Commencée à New York, achevée à Rio de Janeiro, cette pièce dédiée au saxophoniste français Marcel Mule est un mini concerto de coupe classique utilisant la tessiture la plus aiguë et la plus périlleuse de l’instrument. Succès assuré pour Asya Fateyeva et Sora Elisabeth Lee, cheffe invitée de ce concert d’abonnement. Généreuses, les deux musiciennes ont présenté en bis les truculentes et joyeuses Danses roumaines de Bélà Bartok dans une très habile transcription pour saxophone et cordes.

 "Héroïne » à l’Opéra national de Lorraine 

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L’Opéra de Lorraine a lui aussi décidé de proposer une soirée réunissant plusieurs opéras distincts pour les inscrire dans une autre perspective, leur conférer des sens nouveaux. Comme La Monnaie avec ses deux « Bastarda » consacrés aux opéras « Tudor » de Donizetti, « Rivoluzione e Nostalgia » regroupant des extraits d’opéras de jeunesse de Verdi et, à venir cette saison, « I Grotteschi » à partir de trois opéras de Monteverdi.

A Nancy, il s’agit de trois oeuvres bien distinctes, mais envisagées sous un autre point de vue, celui de la « transgression » (c’est d’ailleurs le thème général de la saison lorraine), d’une interrogation de nos limites. 

Dans Sancta Susanna de Paul Hindemith, soeur Suzanne va revivre ce qu’a vécu une autre sœur quarante ans plus tôt : aller enlacer le crucifix de l’autel avec son corps nu. Céder à l’appel de la chair pour combler l’esprit ! Un acte blasphématoire condamné par ses sœurs aux cris de « Satan ».

Dans Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók, Judith, la jeune épouse du Duc Barbe-Bleue, veut qu’il lui ouvre sept portes dans le château, des portes qui condamnent les lieux à l’obscurité. Elle veut que règnent désormais la lumière et la joie. Terribles découvertes, désir fatal de vérité.