Un parcours baroque et chambriste à l'ombre de Bach

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Beyond Bach. Johann David Heinichen (1683-1729) : Sonate en fa majeur Andreas Heinrich Schulze (1681-1742) : Sonate n°3 en ré mineurJohann Sigismund Weiss (Ca. 1690-1737) : Sonate en sol mineur ; Johann Ulich (1677-1742) :  13 Sonates n°1 ; Johann Scherer (Ca. 1740- Nach 1768)Sonate en do majeur ; Georg Philipp Telemann (1681-1767) : Sonate do majeur tirée de “Der Getreue Musikmeister ; Johann Heinrich Freytag (Ca. 1695-1720)Sonate en  mi bémol majeur ; Johann Christian Schickhardt (1682-1762) : Sonate en ut mineurChristoph Schaffrath (1709-1763) Sonate en mi mineur.  Astrid Knöchlein, hautbois et flûte à bec ; Attilio Cremonesi, Clavecin ; Daniel Rosin, Violoncelle ;  Rosario Conte, Théorbe ;  Thomas Goetschel, Viole De Gambe.  2025.  Notice en anglais, français et allemand.  78':38".  Ars 38 670.  

Voilà un disque frais des plus plaisants. Il faut d'abord reconnaître la qualité des solistes, à commencer évidemment par la hautboïste et flûtiste Astrid Knöchlein autour de qui ce disque tourne, qui emporte l'auditeur par sa vivacité et sa dextérité, mais aussi celle des autres instrumentistes comme le violoncelliste Daniel Rosin, le joueur de théorbe Rosario Conte, ou le claveciniste Attilio Cremonesi. L'auditeur appréciera la façon dont les instruments dialoguent les uns avec les autres, y compris dans des combinaisons inattendues comme dans les sonates pour hautbois, afin de donner un naturel, une complicité et une joie à ces partitions. Ce disque est donc un disque de sonates, donc de musique de chambre, qui touche donc à l'intime. Il semble cependant, qu'ici les sonates soient le plus souvent d'un naturel joyeux composées pour des virtuoses, ce qui n'empêche pas des mouvements plus graves et intérieurs.

Des oreilles sourcilières regretteront éventuellement que la prise de son mette en avant le hautboïste presque au détriment des autres instrumentiste, que, comme souvent avec la flûte, la justesse de jeu d'Astrid Knöchlein, bien que voilée par son élan, frôle si souvent la fausse note et célérité d'exécution un soupçon trop rapide. Il faut vraiment être un Jean-Pierre Rampal pour réussir l'exploit de bien faire sonner son instrument. Mais laissons là ces rabats-joies. 

Ce disque tourne autour d'une figure centrale mais absente, et ce faisant le resitue dans son univers musical :  il s’agit de Jean-Sébastien Bach. Malgré toute la fraîcheur de ces sonates, il leur manque la qualité qui fait que le cantor de Leipzig se situe au-dessus des compositeurs en présence; une dimension, un souffle croyant, profond, quasi cosmique, qui situe l'auditeur dans un univers et lui indique que tout est à sa place, lui compris, comme le disait André Tubeuf. 

Nonobstant, il ne faudrait pas rejeter des Heinichen, Schulze, Telemann et autres Ulrich, Scherer Freytag, Schickhardt, Schaffrath et Weiss pour autant. Comme ce disque le montre, ils ne sont pas sans qualités, exigeants dans leur style, et même aventureux dans leurs dialogues. Ce disque donne une fraîcheur, une joie et un élan à l'auditeur, et c'est déjà beaucoup.

Quelle chance avons-nous aujourd'hui, que leurs musiques sortent des cercles confinés des amateurs et des placards pour arriver aux oreilles d'un plus grand public. Et rien que pour cela, ce disque en vaut la peine.

Note globale : 7/10

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