Une « Boesmans Wave » déferle sur Bruxelles
Décédé à Bruxelles le 10 avril 2022, Philippe Boesmans aurait eu 90 ans le 17 Mai prochain. L’occasion de faire le point sur l’apport et la personnalité de celui qui demeure incontestablement le plus passionnant compositeur belge de l’après-guerre. Pour l’occasion, un solide quarteron de ses fidèles s’est rassemblé pour organiser ce qu’ils appellent eux même la « Boesmans Wave ». Une sacrée vague aussi riche que le jeu des marées tant ce compositeur a su habiter les facettes les plus diverses de l’activité de compositeur avec ce souci constant de faire quelque chose de nouveau dans la recherche du beau. Non pas comme le témoignage d’une avant-garde conquérante, une dialectique qu’il récusait régulièrement, non sans humour, : le concept d’ avant-garde ne m’intéresse pas. Après tout, je ne suis pas un militaire moi ! La modernité, elle, le passionnait : créer des choses nouvelles avec l’objectif de servir une beauté en constante mutation dont il allait chercher les ressorts dans la grande variété de son travail d’écriture, dans les œuvres en elles-mêmes bien sûr mais aussi dans les traces que laissaient en lui les restes d’un travail accompli qui fournissaient alors le matériau de nouveaux développements.
C’est ainsi que son œuvre demeure un impressionnant jeux de marées, toujours fondamentales mais toujours rénovées.
Une vague inépuisable
C’est à la Monnaie qu’a été lancée cette « Boesmans Wave » par un solide quarteron de ses plus fidèles compagnons de route. Un endroit logique où Gerard Mortier l’invita à travailler après lui avoir commandé sa Passion de Gilles pour lui permettre de connaître ce monde de l’opéra auquel il allait consacrer une grande part de son œuvre et qui n’a cessé de produire l’ensemble de ses opéras sur trois directions successives de Mortier, Foccroulle et De Caluwe. Mais ils sont nombreux à s’être associés au projet (avec paradoxalement aucun Liégeois) : l’Académie Royale de Belgique où il était membre de la classe des arts et le Collège Belgique, Flagey, le Brussels Philharmonic, Klara, la Bibliothèque Royale et le Conservatoire de Bruxelles.
Une copieuse mise en condition
L’événement sera donc essentiellement bruxellois et commence par un superbe panorama autour d’une session spéciale du Collège Belgique le 11 février à partir de 13H à l’Académie Royale de Belgique. « Philippe Boesmans résonances, aujourd’hui et demain » réunira pas moins de cinq orateurs.
-Un parcours illustré de son théâtre musical par Benoît Jacques de Dixmude, producteur de la plupart des retransmissions TV de ses opéras,
-« Fanfares II, comment aborder un monument du répertoire de l’orgue contemporain » par Bernard Foccroulle, dédicataire et interprète lige de l’œuvre
-« Extases », projection d’une vidéo-danse de 1988 et analyse de l’œuvre par Jean-Luc Fafchamps
-« Entre opéras et musique instrumentales : regards sur l’œuvre de Philippe Boesmans » par Cécile Auzole, auteure d’un ouvrage de base sur le compositeur
-Table-ronde dirigée par Camille De Rijcke avec, entre autres, Bernard Foccroulle, Benoît Mernier et Cécile Auzole.
Concerts et manifestations diverses
Mais la « Boesmans Wave » s’est aussi une série de concerts et de manifestations diverses.
6.3 à 12H30, Bibliothèque Royale rencontre autour de quatuors à cordes de Boesmans et Van Rossum
12.3 à 17H30 à l’Académie Royale de Belgique : concert par de jeunes artistes du Conservatoire de Bruxelles
13.3, Monnaie. Récital de Stéphane Degout qui fut le créateur de « Au Monde » et « Pinocchio en compagnie du pianiste Simon Lepper et de la soprano Fleur Strijbos », où il interprétera des sonnets de Shakespeare mis en musique par Boesmans confrontés à des pages de Debussy, Senden et Mernier, Schumann, Poulenc et Foccroulle.
14.3 Flagey
à 18H30. Concert de clôture de la master class dirigée par Sylvain Cambreling autour de pages de Boesmans.
A 20H15, Studio 4 Concert (Debussy, Wagner, Boesmans) du Brussels Philharmonic sous la direction de Christian Blex qui accompagnera Julien Libeer dans « Fin de nuit ».
26.3 Klara, Foyer de la Monnaie à 12H30 Concert à deux pianos : Stéphane Ginsburgh interprète des pages de Boesmans et dialogue avec les improvisations de Kris Defoort.
Camille de Rijck publie pour sa part aux Editions de l’Académie royale de Belgique un livre sur Boesmans intitulé « Dans les brisures du temps, les émotions s’affolent »
Renseignement sur le site www.philppeboesmans.be/fr
Crédits photographiques : J-B Millot