Dernière soirée

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Pas facile de conclure un concours d'un tel niveau que tous s'accordent unanimement à qualifier de superlatif ! Summum de tension aussi pour les candidats tout juste extraits de leur résidence cénobitique. Enthousiasme général côté public. Et réunion au sommet pour les violoncellistes du monde entier entre Jury, maîtres, virtuoses, amateurs éclairés qui voient leur instrument d'élection admirablement mis en valeur, apprécié, conquérant.
Victor Julien-Laferrière
Une telle pléiade de jeunes, brillants, sympathiques et beaux musiciens ne peut que susciter des vocations. A commencer par l'avant dernier candidat, Victor Julien-Laferrière. Le Français, tout d'abord confronté au déferlement orchestral de l’œuvre imposée, « Sublimation » du compositeur japonais Hosokawa reste avant tout exact et humble quitte à se faire couvrir parfois par l'orchestre. D'un archet soyeux, il entre ensuite sans forfanterie dans l'implacable métrique du « Concerto n. 1 en mi bémol majeur » de Chostakovitch. Expressif et concentré, il met en valeur le contraste entre l'inexorable machinerie face au chant intérieur. D'un phrasé enchanteur, subtil et admirablement conduit, il conquiert naturellement l'auditeur. En un legato de toute beauté, il va chercher des sonorités rondes, chaudes, vivantes, et légères qui prêtent à la longue plainte une discrétion touchante. Les échanges entre violoncelle et solistes de l'orchestre -en particulier le premier violon- est un bien joli moment. L'élégance triomphe de la puissance et de la fièvre.
Ivan Karizna
A Ivan Karizna revient le redoutable honneur de jouer en dernière position. Très apprécié du public, il se présente bien décidé à se mesurer avec les fulgurances orchestrales d'Hosokawa. L'orchestre en est galvanisé et offre de l'imposé une ultime interprétation puissamment suggestive (Qu'attend le cinéma?). Face à ce riche chaos organique en suspension, en convulsion, pas encore incarné, la place de l'humain se révèle -une fois encore- aussi dérisoire qu'un motif dessiné sur le sable effacé par le vent. On pourra déplorer, incidemment, le sort attribué ici par le compositeur nippon au plus charnel, sensuel et chantant des instruments. Au moment d'aborder les premières notes du « Concerto » de Chostakovitch, où l'on attendait beaucoup de son tempérament extraverti, le Biélorusse a semblé peu précis, et même un peu confus dans l'émission du son comme dans la conduite du discours. Le fil se perd, les approximations deviennent plus apparentes. Le Palmarès en tiendra compte. Bénédicte Palaux Simonnet Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, le 3 juin 2017

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