Tchaikovsky un intellectuel qui s’ignore ?

par
Manfred
Pyotr Ilyich TCHAIKOVSKI (1840 - 1893) Manfred Symphony, op.58 Orchestre Philharmonique Tchèque, dir.: Semyon Bychkov 2017-DDD-59’19’’-Notice de présentation en anglais, allemand et français. Decca 483 2320Avec ce second volume de son intégrale Tchaikovski, Semyon Bychkov se confronte au redoutable Manfred. Redoutable car il faut un solide bras pour surmonter les climax et la force échevelée de cette fresque orchestrale. Semyon Bychkov possède assurément la technique de direction pour imposer sa vision de cette partition : les équilibres sont soignés, les nuances sont savamment rendues et les transitions thématiques sont soulignées avec intelligence. Mais à trop vouloir suggérer et stimuler l’intellect, le chef peine à transcender la partition et reste en retrait avec un ton plutôt neutre. Il bénéficie pourtant d’un orchestre affuté et précis mais on regrette l’internationalisation des pupitres de la légendaire Philharmonie Tchèque de Prague. Certes, c’est très techniquement très bien mais on peut intervertir l’orchestre avec d’autres phalanges de prestige sans que le résultat sonore soit foncièrement différent. A l’aveugle, il serait impossible de reconnaître les timbres boisés et fruités de l’orchestre de Karel Ancerl et Vaclav Neumann. Au final, la beauté froide de l’orchestre et la lecture intellectuelle du chef font que ce Manfred passera vite aux oubliettes. Même si Manfred est moins enregistré que les symphonies, la discographie récente est d’un solide niveau avec les gravures de Vasily Petrenko à Liverpool (Naxos) et d’Andris Nelsons à Birmingham (Orfeo). Pierre-Jean Tribot Son 10 - Livret 8 - Répertoire 10 -Interprétation 7

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