Une nouvelle référence pour Mahler

par
Mahler, Gergiev, Münchner Philharmoniker

Gustav MAHLER
(1860 – 1911)
Symphonie n°2 en do mineur, « Résurrection »
Müncher Philharmoniker, Valery Gergiev, direction – Philharmonischer Chor München (Andreas Herrmann, chef de chœur) – Anne Schwanewilms, soprano – Olga Borodina, mezzo-soprano
2016-Live-80’56-Textes de présentation en anglais et allemand-MPhil-MPHL0001

Derrière le défi, chez Mahler, de créer une direction, de mener une ligne à travers une œuvre fleuve, dont la structure générale n’apparaît pas comme « évidente » et pour laquelle le moindre petit relâchement peut altérer la qualité du son et de l’homogénéité, se trouve aussi le défi d’agencer et d’éclaircir le matériau musical et notamment les nombreuses dynamiques qui, souvent, s’opposent dans une même cellule. Pour n’oublier aucun de ces détails, il faudrait en réalité plusieurs chefs pour contrôler et s’assurer de la justesse de ces couleurs et dynamiques. C’est là où intervient la confiance dans les pupitres, du moment où chacun se donne la peine de produire le meilleur pour offrir une lecture de qualité. Tel est le constat à l’écoute de cet enregistrement consacré à la Symphonie n°2 de Gustav Mahler. Il faut dire aussi que le Münchner Philharmoniker n’est pas le moins bon des orchestres et Gergiev en profite et en joue à travers les cinq mouvements. C’est d’abord cette vision très proche du son et du jeu de timbres que le chef insuffle à l’orchestre. Respectueux du texte et des très nombreuses indications de Mahler, qui savait comment faire sonner un orchestre, Gergiev n’hésite pas un seul instant à repousser l’orchestre dans ses derniers retranchements tout en l’incitant à aller au bout des choses. Derrière les frasques dramatiques se trouve aussi le souci de rendre certaines sections lumineuses, offrant un tout resplendissant. Après un premier mouvement envolé et remarquablement démonstratif d’une grande maîtrise des masses et des balances, l’Andante Moderato offre une vision plus charmante, savamment construite, dosée et subtile. Dans la longue page suivante, s’apprécient la construction des phrasés et des dynamiques et surtout le maintien permanent de l’énergie. La première apparition soliste (Olga Borodina) se fond grâce à un timbre chaleureux et tendre avec, dans la même veine, une réponse de haut vol de l’harmonie puis de tout l’orchestre. Arrivent enfin Anne Schwanewilms et le Philharmonischer Chor München sans aucune rupture en s’imposant par un texte intelligible, une intonation parfaite et des couleurs, notamment lors du chœur A capella, bouleversantes. C’est de toute évidence du très bel orchestre dont la confiance qui en ressort avec le chef semble promettre une collaboration fructueuse. Avec cet enregistrement, le Münchner Philharmoniker donne naissance à son propre label : à suivre !
Ayrton Desimpelaere

Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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