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Crescendo Magazine est heureux de vous présenter sa sélection de ses Millésimes 2022. Un panorama en 15 albums et DVD qui vous propose le meilleur du meilleur des parutions. 

Entre le 1/11/2021 et le 1/11/2022, Crescendo Magazine a publié 525 critiques d’enregistrements audio, déclinés en formats physiques et numériques ou en DVD et Blu-Ray.  Ce nombre de parutions continue de faire de notre média, l’un des plus réactifs sur les parutions avec une attention aux répertoires rares du baroque au contemporain et à toutes les publications qui apportent une plus value au marché de l’enregistrement. Cette marque de fabrique éditoriale est l’ADN de Crescendo Magazine depuis sa fondation, en 1993, par Bernadette Beyne et Michelle Debra. 

Depuis un an, nous avons décerné 108 Jokers, qu’ils soient déclinés en “Absolu”, “Découverte” ou ‘Patrimoine”. Les millésimes représentent donc le meilleur du meilleur pour la rédaction de Crescendo Magazine. 

Ce panorama 2022 témoigne de la richesse de la scène musicale à commencer par les parutions  estampillées “made in Belgium” qui continuent de porter au plus haut le savoir-faire musical d’excellence de notre pays. Aux sommets, il faut placer deux superbes parutions chorales : la Résurrection de CPE Bach sous la direction de  Bart Van Reyn, et Semele de Handel magnifié par Leonardo Garcia Alarcon. Saluons également l’album FR2 avec les extraordinaires flûtistes Tom Beets et Joris Van Goethem. Enfin, le merveilleux pianiste Julien Libeer propose un parcours musical original, intense et personnel autour du Clavier bien tempéré de Bach. 

Cette année 2022 a été marquée par les anniversaires de deux géants de la musique du XXe siècle : Olivier Messiaen et Iannis Xenakis. Si les parutions n’ont pas été hélas très nombreuses, certaines s’imposent comme de nouvelles références incontournables : l’intégrale des Vingt regard sur l'Enfant jésus par Bertrand Chamayou et les Canyons aux étoiles menés par Jean-François Heisser et Jean-Frédéric Neuburger avec l’Orchestre nouvelle Aquitaine. Quant aux Percussions de Strasbourg, elles nous livrent une nouvelle interprétation des légendaires Pléiades et de Persephassa de Xenakis. 

Ádám Fischer révisite Brahms avec une intégrale décapante des symphonies alors que le pianiste Laurent Wagschal nous propose un disque définitif d'œuvres pour piano de Louis Vierne. Pour le lyrique, l’Opéra de Lyon nous offre une production magistrale et sombre du Coq d’Or de Rimsky-Korsakov. L’excellence est aussi le dénominateur du projet Miscellanea  du label TRPTK.  

Du côté contemporain, nous avons été séduits par les échos actuels de Blue de la compositrice Jeanine Tesori sur un livret de Tazewell Thompson, une partition qui ne cesse de s’imposer à la scène et qui restera comme une grande oeuvre de notre temps, ouverte sur les drames et les questionnements de notre époque. 

La défense du patrimoine musical est l’un de axes de Crescendo Magazine et il faut saluer deux parutions qui font date dans l’Histoire de l’interprétation : une intégrale des enregistrements de la pianiste autrichienne Ingrid Haebler pour le label Philips et une parution Warner en hommage au grand chef d’orchestre Evgeny Svetlanov dont nous célébrons cette année les 20 ans de la disparition.  

Depuis l’an dernier, les Millésimes s’enrichissent d’un album de l’année, une parution qui marque son temps par son niveau d’exigence et le renouveau qu’elle apporte sur la vision des partitions. Cette année, l’enregistrement de l’année est décerné à l’enregistrement des concertos et oeuvres concertantes pour trompette et orchestre de  Tomasi, Jolivet, Jolas et Schmitt  par  Håkan Hardenberger et le Royal Stockholm Philharmonic Orchestra sous la direction de Fabien Gabel. Un album d’une grande cohérence éditoriale qui renouvelle complètement l’approche et la perception de ces partitions. 

Découvrez cette sélection des Millésimes 2022 sur la page dédiée et à travers notre plaquette : 

De l’Opéra au Palais Richelieu, l’éblouissant itinéraire des Expositions Molière

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Dans ces rues de la capitale où tout parle de lui, deux expositions institutionnelles honorent (enfin) Molière. Distants d’une centaine de mètres, l’Opéra, la BNF et la Comédie française ont uni leurs forces et leurs talents pour rassembler  des pièces rarissimes sorties des réserves et des collections privées.

La Bibliothèque-musée du Palais Garnier rappelle d’abord un élément trop souvent passé sous silence : dès sa prime enfance, l’auteur du Malade imaginaire fut plongé dans la musique où brillait sa lignée maternelle. Très vite il associa la puissance expressive des sons à l’art de la scène, les estimant  indissociables comme il l’écrivit en tête de L’Amour médecin.

A côté des portraits de Molière figure ainsi celui d’un Lully jeune plein de prestance -encore jamais exposé à notre connaissance ! Autre document rare : les paraphes sur l’acte de prêt consenti par Jean-Baptiste Poquelin au surintendant. Ils  touchent d’autant plus que les signatures d’actes officiels sont les seules traces écrites autographes qui nous restent d’eux.

A la naissance de la comédie ballet, illustrée par de somptueuses gravures, ouvrages et partitions, succèdent les musiciens qui ont révisé (Saint-Saëns), composé (de Charpentier à Henri Sauguet) inventé, souvent sur commande (de Louis Jouvet à Jean-Louis Barrrault), à partir ou autour des pièces et divertissements du dramaturge. On regrettera incidemment que le rôle et l’implication personnelle du Roi ne soit qu’effleuré. Quant à la contribution du fantasque compositeur- poète  Coypeau d’Assoucy, elle est passée à la trappe comme la symbiose créatrice opérée avec Lully ou encore la prégnance du baroque…

Sigma Project, la vie de quatre saxophones à l’ère du réchauffement climatique

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Les œuvres pour quatuor de saxophones ne courent pas les auditoriums et le Sigma Project est un des rares défricheurs à inciter, depuis dix ans, les compositeurs à explorer les possibilités sonores de cet instrument aux reflets étincelants, fait de laiton (un mélange de cuivre et de zinc) ou d’argent -et dont Hector Berlioz s’émerveille, en 1842, devant le son « plein, moelleux, vibrant, d’une force énorme »-, d’abord intégré à l’orchestre avant que le jazz n’en fasse une vedette soliste. Ce répertoire, dans un premier temps nourri de pièces adaptées de versions écrites pour d’autres instrumentariums, le quatuor madrilène œuvre depuis dix ans à le développer, au travers d’une cinquantaine de commandes à ce jour : quatre des cinq partitions au programme en sont le résultat, et c’est le cas pour la création de In my end is my beginning (Ma fin est mon commencement) de l’italienne Francesca Verunelli (1979-), dont on connaît l’intérêt pour la dimension temporelle dans la musique : un souffle sourd, grincheux, qui prend peu à peu des accents maléfiques, nourrissant, sous nos yeux mais à notre insu, une menace intrigante, discrète mais entêtée, faite de recommencements réitérés, latente au fond depuis le début, et qui éclate en un orage sombre, puissant et bref, suivi de répliques sourdes et mouillées, qui s‘éloignent comme des nuages noirs poussés par un vent invisible.

Pierre Cao, une carrière musicale

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Le chef d'orchestre luxembourgeois Pierre Cao est lauréat d'un Special Achievement Award décerné par le jury  des International Classical Music Awards 2022. Guy Engels (radio 100,7/Luxembourg, membre du jury) a eu l'occasion de s'entretenir avec ce musicien qui est l’un des chefs de choeurs les plus importants de notre époque. 

Pierre Cao, vous êtes venu à la musique relativement tard, après avoir pris une autre voie professionnelle.

Je n'ai jamais été destiné à être musicien professionnel. Après avoir terminé mon cycle scolaire, j'ai travaillé dans une usine de machines à laver. Ce n'est que lorsque j'ai passé un long séjour dans un sanatorium en Suisse pour des raisons de santé que j'ai décidé de faire de la musique. Mes parents étaient d'accord, même si ce n'était pas facile pour eux car ils n'avaient pas les moyens financiers.

J'ai aussi eu du mal à m'adapter à ce nouveau monde pendant longtemps. Je manquais des bases d'études classiques et j'évoluais dans des cercles qui n'étaient pas mon univers. J'en ai beaucoup souffert. En tant que jeune chef d'orchestre, j'évitais autant que possible les rendez-vous officiels. Je me suis vite rendu compte que c'était le fonctionnaire plutôt que la personne qui était invité. Ce n'est que bien plus tard que j'ai vu cela plus calmement et que j'ai pu l'accepter.

Vous êtes ensuite devenu très tôt chef d'orchestre avec l'ancien orchestre symphonique de RTL - aujourd'hui l'Orchestre Philharmonique du Luxembourg.

En effet, mais je me suis vite rendu compte que ce poste n'était pas pour moi. Je manquais de répertoire et d'expérience. Pourtant, les conditions de travail étaient idéales. J'avais obtenu un contrat à vie, ce qui me mettait au même niveau qu'Herbert von Karajan. Cependant, je ne me sentais pas à l'aise dans ce qui se passait. Et comme j'ai toujours été honnête avec moi-même, j'ai décidé de démissionner en 1976. C'était la bonne décision. Il m'a ensuite fallu beaucoup de temps pour revenir à la direction d'orchestre. J'ai certainement commis de nombreuses erreurs dans ma carrière musicale, mais au final, j'ai aussi eu beaucoup de chance.

La Dame de Pique au Liceu. La résurrection d'un grand classique ou la troika des obsessions...

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Gustav Mahler, qui assista à la création à Sant Petersbourg de l'ouvrage en 1890 et fut le premier à le diriger à Vienne en 1902, parlait du génie de Tchaïkovsky, le disant capable de conjuguer le lyrisme du bel canto italien avec le « pathos » et les obsessions typiques de l'âme (ou de la littérature...) slaves. L'ouvrage trace des contours diffus entre les jeux du hasard, le jeu des acteurs et la virtuosité du chant. Basé sur l'ouvrage homonyme de Pouchkine, la commande venait de l'intendant des Théâtres Impériaux, Ivan Vsévolozhskye, pour lequel Tchaïkovsky écrira aussi les ballets Casse-Noisette et La Belle au Bois Dormant. Il signera également la mise en scène lors de la création à Saint Petersbourg, alors que Modeste, le frère du compositeur, en signa le livret. L'oeuvre n'est pas éloignée de l'expressionnisme et on pourrait la rapprocher de la Salome de Richard Strauss.

À Barcelone, la production présentée en ce moment fut créée en 1992, l'année des Jeux Olympiques dans cette ville et elle a été reprise pour la troisième fois maintenant. Trente ans après, elle n'a pas pris une ride, tant par l'évocation suggestive de l'époque de Catherine la Grande et ses somptueux décors, que par le magnifique traitement du drame exacerbé de la pièce. Gilbert Deflo, faisant honneur à ses mentors Giorgio Strehler et Maurice Béjart, ne voit aucun inconvénient à ressusciter les ambiances historiques conçues par les librettistes des opéras. Il n'est pas de ces metteurs en scène qui ont un besoin impérieux d’actualiser à tout prix les histoires que l’opéra raconte, craignant que l'uchronie ou la reconstitution d'une époque passée ne soit perçue par le public comme ringarde ou désuète... Le rôle du critique n'est pas celui de mettre des rambardes ou des limites à la créativité -souvent foisonnante- des metteurs en scène, mais bien celui de revendiquer le respect du public auquel ils s'adressent. Ce qui, de nos jours, n'est pas toujours acquis et nous oblige parfois à subir des élucubrations tellement malencontreuses ou absurdes qu’elles pourraient, à terme, balayer ou réduire drastiquement le public d'opéra. Ce n'est absolument pas le cas de notre compatriote Deflo, dont la vision de ce grand spectacle, conçu comme un Grand Opéra à la française, nous mène tout droit à la « catharsis » tant appréciée des grecs anciens. La commande à Tchaïkovsky impliquait donc l'utilisation du ballet traditionnel, dont Marius  Petipa signa la création. Ici c'est Nadejda Loujine qui intègre efficacement la danse dans la scène de la « pastorale » baroque offerte à ses convives par la vieille Comtesse. William Orlandi  en signe les magnifiques costumes. D'après Deflo, l'opéra est foncièrement pessimiste : l'air final de Hermann, un pauvre bougre aux prétentions arrivistes entouré d'aristocrates, aboutit au nihilisme. Conscient ou inconscient, le rapport avec le compositeur lui-même est évident : les conventions sociales l'obligèrent à cacher dans la souffrance sa véritable condition sexuelle. Et une analogie avec l'étrange rapport qu'il entretenait avec son mécène, Mme von Meck semble aussi jaillir dans certains aspects du personnage de la Comtesse. Mais c'est le dilemme entre amour et richesse, le paradoxe de l'ambition et de l'avarice entremêlés au désir qui constituent le moteur dramatique et qui mèneront les protagonistes à la folie et la mort. Leur tragédie trouve son obscure racine dans une obsession pour la troika magique des « Trois Cartes » : celui qui en découvrira le secret, se condamnera.

La Khovantchina galvanise la Bastille

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Comme l’âme russe, la mise en scène d’Andreï Serban défie le temps. Elle reste aussi vivante, intelligente, captivante aujourd’hui qu’à sa création (2001 reprise en 2013). Car elle se focalise sur l’œuvre, toute l’œuvre, rien que l’œuvre. Ce qui n’empêche nullement l’actualité de s’inviter hier comme aujourd’hui à travers l’évocation de visées expansionnistes (Ukraine, Crimée, Tatars), de l’attraction entre Orient et Occident, du conflit entre cultes païens, mystiques et modernité, du choc entre «la morale et l’histoire» (A. Lischke) -toutes pulsions qui rougeoient, encore et toujours, telles des braises. Et, au milieu de tout cela, la splendeur paradoxale de l’homme déchu.

 Pour chanter ces destins foudroyés, Moussorgski au terme de sa vie invente la musique la plus chatoyante dans ses bariolages, la plus libre dans son instrumentation, la plus vigoureuse dans ses harmonies qu’on eût jamais conçue, au point de bouleverser les repères de son temps dans le droit fil de Boris Godounov (1869). Partition que Saint-Saëns rapporta dans ses bagages en 1875 influençant Debussy, Chausson, Ravel parmi beaucoup d’autres.

Complétée et remaniée par Rimski-Korsakov puis Chostakovitch (version ici choisie), des orchestrations de Ravel et Stravinski ayant en partie disparu sauf le final, la partition présente néanmoins une cohérence quasi organique. En un unique flux, elle charrie des beautés surprenantes, effrayantes et ensorcelantes. Depuis les sonneries guerrières, liturgiques, les cris, jusqu’aux inflexions les plus douces qui furent jamais prêtées à des chœurs, c’est une seule foi unie à une seule terre qui chante. Voix sauvage, plus primitive encore que dans Boris Godounov.

L’Atelier Lyrique de Tourcoing : une saison 2021-2022 d’exception 

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L’Atelier Lyrique de Tourcoing vient d’annoncer en avant-première les grandes lignes de sa saison 2021/2022 ! Sous la direction artistique de François-Xavier Roth, l’Atelier Lyrique de Tourcoing propose 44 rendez-vous d’exceptions dont 9 opéras et 7 grands concerts ! Le chef d’orchestre français au pupitre de son orchestre Les Siècles fera entendre : la Symphonie n°4 de Mahler (avec Sabine Devieilhe), la Symphonie n°5 de Beethoven, la Symphonie Fantastique de Berlioz ou l’Oiseau de feu et le Sacre du Printemps de Stravinsky. 

A l’Opéra, on découvre un large panel d’oeuvres en versions de concerts ou scéniques du baroque avec Rinaldo de Haendel, Zoroastre de Rameau ou The Fairy Queen de Purcell au XXe siècle avec l’Enfant et les Sortilèges de Ravel sans oublier de l’Opéra comique avec la Dame blanche de Boieldieu et une confrontation d’oeuvres “exotiques” françaises : Djamileh de Bizet et la Princesse Jaune de Saint-Saens ! 

Les concerts présentent, outre Les Siècles, l’excellent orchestre Les Ambassadeurs d’Alexis Kossenko ou les voisins de l’Orchestre National de Lille sous la direction de Louis Langrée.  Des récitals instrumentaux et vocaux complètent cette affiche avec la venue de Pierre Hantaï ou Michael Spyres.

La proximité avec la Belgique permet à l’Atelier lyrique de tisser des liens avec nos compatriotes, ainsi René Jacobs au pupitre de l’excellent orchestre B’Rock, la mezzo-soprano Coline Dutilleul, ou la soprano Jodie Devos seront à l’affiche. 

Streamings et podcasts de la semaine : Liège et Lille

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Cette semaine débute à Liège avec l'Opéra Royal de Liège qui vous permet encore de visionner un concert 100%  Mozart sous la baguette de Christophe Rousset. Au programme, des airs de concert avec le ténor Cyrille Dubois et le baryton Léon Košavić et les Symphonies n°31 et n°35. C’est à voir jusqu’au 20 juin sur le site de l’Opéra Royal de Liège. Dès le 20 juin, vous pouvez également visionner un concert consacré aux Valses de Johann Strauss père et fils sous la direction de notre cher Ayrton Desimpelaere avec la soprano Louise Foor. Ce récit-concert est narré par Alain Duault. Rendez-vous sur : https://streaming.operaliege.be/

 Cette semaine, on vous recommande d'écouter la superbe série de Podcasts initiés par l'Orchestre Les Siècles de François-Xavier Roth par rapport à la production de Pelléas et Mélisande de Claude Debussy que vous pouvez voir sur le portail Opera Vision. Une série de 4 podcasts est en ligne avec le regard du metteur en scène, des chanteurs, du chef de chant et du chef d'orchestre. 

Les deux autres podcasts sont en ligne sur le site de l'orchestre Les Siècles

Dans les salons de Violetta :  une Traviata intime dans un palazzo parisien

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Nous entrons par la grille d’un hôtel particulier donnant sur la place Saint-Georges à Paris. L’action de La Traviata semble avoir déjà commencé dans ce décor immersif mais aujourd’hui, nous aussi, nous faisons partie du spectacle. Des chanteurs chauffent leurs voix tandis que le public attend patiemment dans le hall tout en profitant des œuvres d’art qui ornent les salons du XIXe siècle. Dans cette réception réservée à trente convives, la richesse d’art et d’histoire du patrimoine qui nous entoure est remarquablement mise en valeur pour traduire au mieux cette expérience confidentielle de La Traviata.

Paris accueille cette semaine un concept bientôt pérenne, venu tout droit de Venise. Il investit à cette occasion la Fondation Dosne-Thiers (Paris 9e). Son innovation ? Proposer une expérience purement immersive, célébrant la tradition des salons artistiques. Comme si nous étions les invités de Violetta dans sa demeure parisienne, le public est littéralement encouragé à suivre le déroulement de l’action, livret à la main, de pièce en pièce du palais. 

Néanmoins, contrairement à l’escape game, le rôle du public est moins net, même s’il est partie intégrante de la production. Ainsi, les spectateurs arrivant ici avec les codes bien ancrés de l’opéra se retrouvent rapidement pris au dépourvu. Comment faire mourir Violetta à côté de toutes ces personnes extérieures réunies ?