Les héros seraient-ils fatigués ?

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Claudio MONTEVERDI (1567-1643)
L'INCORONAZIONE DI POPPEA

Danielle DE NIESSE (Poppea), Philippe JAROUSSKY (Nerone), Anna BONITANIBUS (Ottavia), Max Emmanuel CENCIC (Ottone), Antonio ABETE (Seneca), Ana QUINTANS (Drussilla), Claire DEBOBO (Fortuna / Pallade/ Venere), Katherine WATSON (Virtù/ Damigella), Hanna BAYODI-HIRT (Amore), Suzanna OGRAJENSEK (Valetto), José LEMOS (Nutrice/ Un famigliare di Seneca), Robert BURT (Arnalta), Mathias VIDAL (Lucano), Andreas WOLF (Tribuno/Liberto/ Mercurio/Littore Tribuno), Damian WHITELEY (Un famigliare de Seneca), Juan SANCHO (Tribuno/ Console/ Un famigliare de Seneca), David WEBB (Tribuno/ Console)
Les ARTS FLORISSANTS, dir. William CHRISTIE - Metteur en scène et costumes, Pier Luigi PIZZI
2010- 180'- NTSC System- 16.9- 2 DVD 9- Stereo PCM 20/Dolby 5.1 Surround- Sous titres en anglais, français, allemand, espagnol, italien- Chanté en italien- Virgin Classics 07095191- enregistré en direct au Teatro Real de Madrid en mai 2010

Les héros seraient-ils fatigués? On peut se le demander. Car on pouvait attendre beaucoup d'une telle réalisation. Pensez donc: réunir sur la même scène Jarrousky, Cencic, De Niesse, Christie, Pizzi pour célébrer cet ardent et toujours sulfureux Couronnement de Poppée, sublime chef d’œuvre de l'opéra! Et pourtant, que voit-on? Des décors sommaires, sombres et tristes, une mise en scène qui se contente de faire évoluer les protagonistes du côté cour au côté jardin avec (parfois) une petite halte au croisement et se statufier face au public pour chanter les solos. Et comme l'accent est mis sur la scène, on n'entend pratiquement pas les Arts Florissants que dirige William Christie. Certes, l'effort porte sur le traitement erotico-sadique de certaines scènes, mais les gestes sont crus (entre gardes, Neron/Lucain, dames entre elles …) et les costumes ridicules. Il faut vraiment attendre le IIIe Acte pour être enfin intéressé, voire ému. C'est qu'aussi là, la musique apparaît un peu mieux, et donne un vrai sens de vérité et d'émotion au spectacle. A travers une diction satisfaisante, la partition (très en retrait malheureusement) offre de bons moments. Si les scènes consacrées aux personnages mythologiques relèvent du style obligé de l'époque, en revanche toutes les scènes où apparaissent Sénèque (Antonio Abete) ou Ottavia (Anna Bonitanibus, digne, sobre et humaine) saisissent par leur tragique et noble simplicité. La nourrice Arnalta (Robert Burt) en fait vraiment beaucoup tandis que le duo Ottone (Max Emmanuel Cencic, parfois flottant vocalement mais dramatiquement expressif)/ Drussilla (Ana Quintans impétueuse) fonctionne à merveille et offre même un des sommets du spectacle. En revanche, Philippe Jaroussky, visage peint en blanc et vêtu d'une peau de chèvre, inquiète assez peu, empêtré dans sa mollesse et ses mouvements de bras – il n'est d'ailleurs pas le seul!- tandis que sa musicalité, ses emportements le soulèvent, notamment dans les plus admirables des duos d'amour de l'histoire de l'opéra. Reste que l'adéquation de son charisme angélique avec ce personnage d'empereur pervers et dément laisse perplexe. Quant à Danielle de Niese, aux charmes opérants, tout aussi convaincante enveloppée dans du papier cristal qu'elle le fut en nuisette à Glyndebourne, elle distille perfidie et jubilation secrète, ses yeux mouvants trahissant roueries du cœur et de l'âme. A mentionner au passage: toute ressemblance avec certains personnages de notre temps serait tout à fait fortuite...
Bénédicte Palaux Simonnet
7

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