Hommage à Peter Schreier à Dresde
Le ténor Peter Schreier, âgé maintenant de 80 ans, vient de recevoir le Prix des Arts de la ville de Dresde pour le travail artistique de toute sa vie.
Peter Schreier est né à Meissen (Saxe, Allemagne de l'Est) et il a passé ses premières années dans le petit village de Gauernitz où son père était enseignant, cantor et organiste. En juin 1945, quelques mois après la destruction de Dresde, il y est entré dans le Dresdner Kreuzchor (Chœur de la Kreuzkirche) qui venait de reprendre vie. Depuis lors, il a toujours continué à y résider, dans le quartier de Loschwitz sur la rive droite de la rivière Elbe.
Le chef du Kreuzchor, Rudolf Mauersberger repéra vite son talent et lui confia des solos que l'on retrouve sur les enregistrements des années 1948 à 1951.
A 16 ans, il est devenu ténor, ce qui était son plus grand souhait : tous les évangélistes des Passions de J.S. Bach et de l'Oratorio de Noël sont des ténors. Sa formation musicale s'est déroulée à l'Académie de Musique de Dresde où il travaillait aussi la direction d'orchestre.
Peter Schreier fait ses débuts professionnels en août 1959, dans le premier prisonnier de Fidelio (Beethoven). On le retrouve ensuite en Belmonte (Die Entführung aus dem Serail) et Tamino (Die Zauberflöte).
En 1963, il part pour l'Opéra de Berlin et, à partir de 1966, il est chaque année sur la scène de l'Opéra de Vienne. La même année, il fait ses débuts à Bayreuth dans Tristan und Isolde, sous la direction de Karl Böhm. A partir de 1967 et pendant 25 ans, il sera fidèle au Festival de Salzbourg. Sans négliger les autres grandes scènes.
Au disque, on lui doit des cantates de Bach avec Adele Stolte, Annelies Burmeister, Theo Adam, le Thomanerchor et le Leipzig Gewandhaus Orchestra dirigé par Erhard Mauersberger, des Passions selon St-Mathieu avec Rudolf et Eduard Mauersberger, Karl Richter, Claudio Abbado et Herbert von Karajan et la Passion selon St-Jean avec Helmuth Rilling.
En juin 2000, Schreier annonçait qu'il quittait l'opéra parce que son âge ne lui permettait plus d'assurer des rôles de jeune Prince et il bouclait cette partie de sa carrière avec un ultime Tamino (Die Zauberflöte).
Tout au long de sa carrière, Peter Schreier a réservé une place particulière aux lieder allemands dont ceux de Schubert et Schumann.
A partir de 1970, Schreier a aussidirigé : essentiellement Mozart, J. S. Bach et Haydn.