Résurrection des Dames de Ferrare

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Camille Allérat, Julie Roset et Ana Vieira Leite, trois chanteuses lyriques formées à la HEM de Genève, ont décidé de faire renaître la musique des dames de Ferrare, l’un des manuscrits les plus excitants de la Renaissance

Dans la mythologie grecque, les néréides sont des nymphes marines. C’est cette figure tutélaire qu’ont choisi de convoquer Julie Roset, Camille Allérat et Ana Vieira Leite pour leur trio. Les trois sopranos, déjà lancées dans la carrière, ont en parallèle décidé de rêver leur projet sur mesure, leur répertoire de prédilection, la musique ancienne. S’y ajoute une histoire qui coche toutes les cases du bon pitch: le mystérieux trio des dames de Ferrare.

Dans les années 1570, le Duc Alphonse II d’Este, à la Cour de Ferrare, a l’idée très avant-gardiste de créer un «concert secret». Lors de ces événements VIP, qui excitent l’Europe entière, une musique est jouée par trois femmes: Laura Peverara, Anna Guarini et Livia d’Arco -chanteuses et instrumentistes virtuoses.
Leur succès dépasse vite les contours de la Botte, et les musiciennes sont rapidement surnommées les «dames de Ferrare». Suscitant les fantasmes les plus fous, ce Concerto delle donne chante uniquement de la musique inédite que l’on compose spécialement pour elles, et dont le Duc interdit toute publication.
Après la mort d’Alphonse II d’Este, le compositeur Luzzasco Luzzaschi (1545-1607), professeur de Frescobaldi, transgresse la règle et écrit spécifiquement pour les dames de Ferrare. C’est précisément ce recueil de madrigaux dont Julie Roset, Camille Allérat et Ana Vieira Leite se sont emparées.

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