Solti en Bavière : virtuosité maximale

par

Serge Prokofiev (1891-1954) : Romeo et Juliette, op. 64 (extraits) - Pyotr Ilyich Tchaikovsky (1840-1893) :Symphonie n° 4 en fa mineur, op. 36; Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks, direction : Sir Georg Solti. 1984. Livret en allemand et anglais. BR Klassik 900230.

Sans jamais avoir été lié par un titre au Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunk de Munich, Sir Georg Solti fut un compagnon de route de la phalange radiophonique. Une Symphonie alpestre de Richard Strauss enregistrée pour Decca et des captations vidéos en témoignent.

En février 1984, le natif du Budapest est au pupitre des musiciens bavarois pour un concert de démonstration dans des chevaux de bataille du répertoire. On ne peut espérer mieux que l'adéquation entre le niveau vertigineux des pupitres de l’orchestre et la direction tranchante du chef d’orchestre. Dans les extraits de Roméo et Juliette de Serge Prokofiev, nous sommes dans un grand moment de direction d’orchestre avec un chef qui peut tout exiger des artistes : des nuances millimétrées, un impact dynamique saisissant et une précision démoniaque des pupitres. Georg Solti joue de l’orchestre mais sans jamais en rajouter et surjouer le trait au détriment du flux naturel de la musique. Cela nous vaut des épisodes épiques, comme un final de l’acte II ou une introduction de l’acte III de très haute volée.

En seconde partie de concert, le chef fait un sort à la Symphonie n°4 de Tchaikovsky. C’est caréné, motorique et puissant avec des dynamiques portées par des cuivres en grande démonstration. Solti garde toujours un contrôle parfait des lignes mélodiques et des équilibres, mais soigne la nervosité de la partition. Le Symphonieorchester des Bayerischen Rundfunks est en parade et semble même en garder sous le coude dans les passages les plus démonstratifs avec évidemment un final pétaradant et échevelé.

La radio bavaroise a toujours été un très haut lieu de prises de son de qualité mais cette captation de 1984 est magistrale par la lisibilité des pupitres et les beautés des timbres de l’orchestre.

Bien sûr, la discographie de ces partitions est barrée par de très nombreuses références, mais les amateurs de direction d’orchestre et les fans du chef (dont nous sommes) ne rateront pour rien au monde cette parution.

Comme pour les récents albums mettant en scène Leonard Bernstein, ce disque n’est pas disponible aux formats digitaux.

Notes : Son : 10 - Livret : 9 - Répertoire : 10 - Interprétation : 10

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