Bénos-Djian et Café Zimmermann : Vivaldi avance masqué dans un florilège vocal (alto) et instrumental (cordes, flûte et cors)

par

Antonio Vivaldi (1678-1741). Masques. Il Bajazet : sinfonia, La verita in cimento : I lacci tende piu forti, Mi vuoi tradir, lo so ; Orlando furioso :Sol da te, moi dolce amore ; Piangero sin che l’onda ; Motezuma : S’impugni la spada ; Introduzione al Gloria ; concerto pour violon RV 241, pour deux cors RV537 et pour flûte RV434. Paul-Antoine Bénos-Djian, alto, Café Zimmermann, Céline Frisch, Pablo Valetti. Texte de présentation en français, anglais et allemand. 66’52.  Alpha 1195.

L’originalité de cette programmation est d’associer les œuvres chantées quand elles sont accompagnées de soli instrumentaux à des œuvres concertantes pour les mêmes instruments.

Deux cors naturels concertants (on les programmait en duo afin qu’ils puissent jouer l’ensemble de notes possibles pour ces instruments) que l’on retrouve dans la sinfonia d’ouverture de Bajazet et le concerto pour deux cors RV538 mais aussi dans l’air I lacci tende piu forti à la fin du 1er acte de La verita in cimento et l’air de bravoure S’impugni la spada dans Motemuza où la reine aztèque Mitrena jure de se venger du conquistador Cortés. Des pages survoltées où chanteurs comme instrumentistes font feu de tout bois.

La flûte traversière de Karel Valter développe toute sa sensualité dans l’introduction de l’air de Ruggiero Sol da te, moi dolce amore dans Orlando furioso et plus encore dans le sublime mouvement lent du concerto RV 434.

Le violon est traité en soliste dans le concerto RV241 sans doute ramené à Dresde par Pisendel l’ami et élève du Padre rosso. Les violons jouent par ailleurs un rôle déterminant dans l’accompagnement du poignant Piangero sin che l’onda extrait de l’Orlando furioso et soutiennent à l’unisson les vocalises de Mi vuoi tradir,lo so, un air de remplacement écrit pour La verita in cimento. 

L’énoncé de ce programme peut paraître savant : il est pourtant l’alibi parfait d’un programme tantôt sautillant, tantôt émouvant ou rêveur qui fait de l’écoute de ce disque un bonheur permanent et varié. Café Zimmermann dont on a salué l’engagement avec lequel il abordait l’œuvre concertante de Bach pousse ici le bouchon un plus loin et nous laisse savourer un Vivaldi étincelant de plaisir dont la variété des propositions enterre définitivement les remarches méchamment réductrices de Stravinsky.

Son 9  - Livret 10 -  Répertoire 10 -  Interprétation 10

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