Quatuor Arod : à la conquête de la lumière, au disque chez Erato et au concert à Flagey
Bizarre ! Un concert « entre chien et loup » qui commence à 20H15, l’heure des concerts de soirée au Studio 4. En fait la soirée commence bien à 18H mais au studio 5 avec la projection de « Ménage à quatre », le film où Bruno Monsaingeon entend nous faire découvrir la mystérieuse alchimie qui habite les grands quatuors. Le choix du Quatuor Arod parmi la multitude de bons quatuors en France aujourd’hui n’étonnera que ceux qui n’ont pas suivi la trajectoire idéale de ce jeune ensemble fondé en 2013 (il a travaillé à la Chapelle Musicale avec le Quatuor Artemis) et qui, d’emblée collectionne les récompenses : premier prix du concours Nielsen à Copenhague en 2015 et du prestigieux concours ARD l’année suivante. Dès 2016, il est lauréat HSBC de l’Académie du festival d’Aix-en-Provence et en 2017 nommé à la fois « BBC New Generation » pour la période 2017-9 et « Rising Star » d’ECHO, l’association des grandes salles de concert européennes pour la saison 2018-89. C’est à ce titre qu’il se produit pour la première fois en Belgique à Bozar alors qu’il a déjà sorti chez EMI un premier disque d’une belle vitalité consacré à Mendelssohn.
Un détour par la seconde école de Vienne
Mais l’Arod aime les défis et son deuxième enregistrement nous emmène vers la seconde école de Vienne via le personnage de Mathilde Zemlinsky, la sœur du compositeur qui fut l’épouse de Schoenberg et eut une aventure avec leur ami commun le peintre Richard Gerstl. Webern convainquit Mathilde de renoncer à cette liaison et Gerstl se suicida. Le programme du disque reprend les divers protagonistes : Zemlinsky avec son 2e quatuor, Webern avec son Langsamer Satz et Schoenberg avec son 2e quatuor, dédié à « Meine Frau » où Elsa Dreisig chante les poèmes de Stéphan George des deux derniers mouvements.