A Lucerne, dans les pas de Rachmaninov

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La musique absorbe les pas au troisième étage du Musée Hans Erni, à Lucerne. Pour célébrer le 150e anniversaire de la naissance de Sergueï Rachmaninov (1873-1943), pianiste et compositeur russe, les enregistrements de ses œuvres accompagnent jusqu’en janvier une petite exposition consacrée à la période que ce «dernier des romantiques» de la musique classique a passée au bord du lac des Quatre-Cantons.

Dans son exil après la révolution bolchevique en 1917, le virtuose du clavier enchaîne les tournées en Europe et aux Etats-Unis, nostalgique de son pays, en mal d’inspiration, puisque l’intense activité artistique ne lui laisse plus le temps pour la création et puisque «en quittant la Russie, j’ai laissé derrière moi l’envie de composer. En perdant mon pays, je me suis un peu perdu moi-même…»

De passage en Suisse, il fait une halte vers Lucerne et redécouvre le lac dont il est tombé amoureux pendant son voyage de noces en 1902. Cette fois, avec sa femme Natalia, ils décident d’y rester. En 1930, il acquiert un terrain à Hertenstein, près de Weggis, et se fait construire une villa au milieu de la nature majestueuse, comme pour évoquer le souvenir de la demeure familiale confisquée par le pouvoir communiste en Russie. Il participe lui-même à l’arrangement du parc, choisissant les essences qui lui rappellent son enfance. Baptisée «Senar» -Sergueï et Natalia Rachmaninov, la villa sera leur havre de paix pour une dizaine d’années et offrira au compositeur le calme et l’inspiration pour écrire, notamment sa célèbre Rhapsodie sur un thème de Paganini.

Le début de la Seconde Guerre mondiale mettra fin à la douceur des soirées à Senar. Rachmaninov s’exilera une fois de plus, aux Etats-Unis, où il mourra en 1943 sans connaître l’issue de la guerre, ni revoir la Suisse ou la Russie.

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