Auguste Franchomme, 140 ans

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Auguste-Joseph Franchomme est un violoncelliste et compositeur français, professeur de violoncelle du Conservatoire de Paris, né à Lille le  et mort à Paris le .

Il est le fils de Michel-Joseph Franchomme, musicien, et de Marie-Rose-Josèphe Lenfant mariés le  à Lille.

Franchomme étudie au Conservatoire de Lille avec Louis Maes, avec qui il obtient son premier prix en 1821, et Pierre Baumann, puis avec Jean-Henri Levasseur et Louis Norblin au Conservatoire de Paris, obtenant son premier prix dès sa première année.

Il débute dans divers orchestres, et en 1828 devient violoncelliste solo de la Chapelle royale.

Il est fondateur et membre, avec le violoniste Delphin Alard (maître de Pablo de Sarasate) et le pianiste Charles Hallé (fondateur de l'Hallé Orchestra), du quatuor Alard, l'une des rares formations de musique de chambre composée de musiciens professionnels. Il est également membre fondateur de la Société des concerts du Conservatoire.

Franchomme lie d'étroites amitiés avec Félix Mendelssohn, lors de sa visite à Paris en 1831, et surtout avec Frédéric Chopin. Les deux musiciens collaborent sur le Grand Duo concertant pour piano et violoncelle (1833) sur des thèmes de l'opéra de Giacomo Meyerbeer, Robert le Diable. Franchomme réécrit la partie de violoncelle de la Polonaise brillante, op. 3 et Chopin lui dédie sa Sonate pour piano et violoncelle, op. 652.

À l'exception d'un voyage en Angleterre qu'il effectue en 1856, Franchomme ne quitte guère Paris où il devient une figure centrale de la vie musicale. Il acquiert, en 1843, le Duport (Stradivarius) du fils de Jean-Louis Duport pour la somme record pour l'époque de 22 000 francs. Il achète également en 1869 le Stradivarius "De Munck - Feuermann" datant de 1730.
Ses héritiers vendront le violoncelle 40 000 francs à Ebsworth Hill et Cie, et Camille Thomas joue sur Feuermann Stradivarius depuis 2019 sur prêt de la Nippon Music Foundation.

En 1846, il prend la suite de Norblin au poste de premier professeur de violoncelle du Conservatoire de Paris, et sa classe comprend Jules Delsart, Louis Hegyesi et Ernest Gillet.

Il est le plus illustre violoncelliste de son temps, et participe à l'avancée de la technique d'archet élégante, douce, et légère de l'école française, développée par Duport. Il dispose de surcroît d'une main gauche aux grandes facilités, précise et expressive.

Il est fait Chevalier de la Légion d'honneur le 21 janvier 1872.

Auguste-Joseph Franchomme meurt à l'âge de 75 ans.

Le critique musical célèbre de cette époque François-Joseph Fétis fit un éloge de Franchomme : M. Franchomme s'est fait une brillante réputation par le succès qu'il a obtenu dans tous les concerts où il s'est fait entendre, particulièrement dans ceux du conservatoire. Une qualité de son plein charme, beaucoup de grâce et d'expression dans sa manière de chanter, et une justesse rare dans les intonations, sont des qualités par lesquelles cet artiste se distingue. Il ajoute à ce mérite celui d'écrire de la musique de fort bon goût pour son instrument, et cette musique est devenue le répertoire de la plupart des violoncellistes français.

Aujourd'hui largement oublié, Franchomme était un véritable compositeur romantique pour le violoncelle. Les seules œuvres du compositeur qui sont restées dans le répertoire de l'instrument sont les Caprices, op. 7 (1835) et les Études pour deux violoncelles, op. 35 (1853). Franchomme a publié quelque 55 partitions.

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