Le Bach d'Olivier Beaumont

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Johann Sebastian BACH (1685-1750)
Oeuvres pour clavecin-luth
Prélude en do m BVW 999 - Suite en do m BVW 997 - Suite 'auf Lautenwerck' en mi m BVW 996 - Prélude, Fugue et Allegro en mi bémol BVW 998 - Fantaisie chromatique et Fugue en ré m BWV 903 - Polonaise en ré m d'après BVW 1067 transcrite par JC Bach

Olivier BEAUMONT, clavecin-luth Willard Martin (1991, Pennsylvanie USA)
Loreley LY 054- Distribution Harmonia Mundi 
Toujours à l’affût de nouveaux coloris et sonorités, Jean-Sébastien Bach possédait deux Lautenwerke, instrument fort rare (fin XVII ème) mais aussi hybride, puisqu'il combinait les sons flatteurs du luth avec ceux d'un clavecin équipé de cordes en boyau (donc non métalliques). Le son étant produite par des sautereaux et des plectres, tout comme dans un clavecin à 1, 2 ,3 claviers, mais plus doux, plus séduisant. On comprend la curiosité voire l'enthousiasme du Cantor qui, dès sa jeunesse, lui dédiait une « Suite en mi mineur » (BWV 996) et qui, dans le récital d'Olivier Beaumont est précédé du fameux « Prélude en do mineur » (BWV 999) que les guitaristes d'aujourd'hui se sont approprié. Après la « Partita en ut mineur » BWV 997 datant très vraisemblablement de l'époque de Köthen (1717-23) où il fut maître de chapelle pour le prince Léopold d'Anhalt-Köthen, le musicien nous propose une suite tronquée (puisque ne possédant ni Allemande, ni Courante) mais dont le brillant « Prélude » (en fait une sorte de Fantasia) s'enchaîne à une noble « Fugue » que suivent une « Sarabande » profondément intériorisée et une « Gigue » débordante de jovialité avec son « Double » à variations en double croches. Le tryptique « Prelude, Fugue et Allegro » (BVW 998) semble dater des années 1740/45, précédé de la curieuse mention « Prélude pour la (sic) luth o cembal par J.S. Bach » semblerait destiné soit au luth, soit au clavecin, soit... au croisement de ces deux instruments qu'est précisément le... Lautenwerke ! Et pour clore ce récital, une « Polonaise » en ré mineur (BVW 1067) transcrite par Jean-Chrétien Bach et la fabuleuse « Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur » (BVW 903), de l'époque Köthen, revue à Leipzig vers 1730 et publiée pour la première fois en 1802. Immense chef d’œuvre, l'une des plus grande pages de clavecin du XVIII ème siècle (contemporain – l'a-t-on remarqué ? -de ces deux autres que sont la « Grande passacaille à 21 variations » de Haendel et la « Gavotte variée » de la « Suite en la mineur » de Rameau?). De cette composition brillantissime de Bach on attendait une vision grandiose, habitée, ample et nuancée. Hélas, l'interprète comme souvent, refuse de respirer, de faire rayonner ses thèmes mélodiques. En un mot de faire s'épanouir les partitions dans tout ce qu'elles ont de beauté, d'ingéniosité, d'absolument vivant.
Bénédicte Palaux Simonnet

Son 8 - Livret 8 - Répertoire 8 - Interprétation 6

 

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