Le Quintette de Schubert par les Arcanto : déception

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Franz SCHUBERT
(1797-1828)
Quintette à cordes D. 956

Quatuor ARCANTO, Olivier MARRON (violoncelle)
2010-DDD-52'41-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Harmonia Mundi HMC 902106
Le quatuor Arcanto nous a récemment séduit en concert. Constitué de quatre personnalités dont l'essentiel de la carrière se déroule en tant que soliste, ce quatuor qui a donné son premier concert en 2004 présente d'indéniables qualités: une virtuosité sans failles, une belle homogénéité, des lectures toujours soigneusement réfléchies. Pourtant, et ce disque le confirme, il manque à leurs interprétations un rien d'abandon et d'engagement qui fait toute la différence. Le second mouvement, par exemple, ce sommet d'émotion musicale, où se pressent tant de choses à exprimer, s'écoule ici avec une parfaite bonne conscience, dans un son superbe mais sans rien qui bouleverse. Même dans les moments de total désespoir, on n'entend rien d'autre qu'un jeu parfaitement contrôlé mais qu'aucun « cri du coeur » ne vient perturber. Et même ces accents à faire pleurer les pierres ne semblent pas venir autrement perturber une impeccable mise en place. Qu'il est donc bien difficile de juger pareil disque! D'une part, on admire un véritable travail d'orfèvre; d'autre part on le regrette car il gomme l'aspect humain à un point fort extrême. Puisque la discographie de ce chef-d'oeuvre est à ce point riche, nous conseillerons d'aller d'abord voir auprès de ceux qui se sont risqués à aller au bout de ce voyage aux tréfonds de l'âme schubertienne, les références de toujours : les Weller, Hollywood, Wiener Konzerthaus, Fitzwilliam, Juilliard, Amadeus, Pro Arte, pour ne citer que les légendes indémodables.
Bernard Postiau
Son 10 - Livret 9 - Répertoire 10 - Interprétation 6

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