Mozart en formation de chambre

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Mozart Cristofori

Wolfgang Amadeus MOZART
(1756 - 1791)
Concerti pour piano n°9 en mi bémol majeur KV 271, n°11 en fa majeur KV 413 et n°12 en la majeur KV 414
Cristofori, Arthur Schooderwoerd, pianoforte (Anton Walter) et direction
2017-DDD-69’57-Textes de présentation en anglais, français et allemand-Accent-ACC 24323

Voilà un disque qui a de quoi dérouter à la première écoute. Arthur Schooderwoerd et son ensemble sur instruments anciens Cristofori nous emmènent en effet dans l’authenticité dans ce qu’elle a de plus pure. Fait inhabituel à notre époque et qui suscite notre inquiétude : un orchestre composé seulement de neuf instruments (cordes par un, hautbois et cors par deux) se rapprochant davantage d’une formation de chambre. Mais très rapidement, les doutes se dissipent. Parvenir à exécuter ces concerti de Mozart en formation de chambre se révèle en réalité être une idée brillante et judicieuse. D’une part car cet effectif réduit permet de construire un vrai dialogue entre les pupitres et offre à fortiori une écoute permanente donnant toute latitude au soliste pour s’épanouir. D’autre part, on ne soulignera jamais assez l’esprit vif, narratif et toujours sujet à surprises du style mozartien. A ce niveau, un « orchestre » de solistes parvient peut-être mieux à réagir aux différentes intentions des uns et des autres, proposant alors un jeu plus naturel et fluide. Dans chacune des pages présentées ici, le travail de l’ornementation est à souligner au même titre que l’accentuation et les phrasés/dynamiques introduits ici et là. Soulignant certaines formules, on saluera la volonté du soliste d’accompagner ses musiciens lors de certains tutti, créant un tout homogène et proche certainement du projet initial. Ce travail, associé à un jeu de dynamiques conséquent dans des tempi toujours choisis avec soin en fonction des capacités de l’instrument – ici une magnifique copie d’un pianoforte d’Anton Walter de 1785 -, conduit à une transparence qui magnifie le matériau instrumental, et affiche clairement une joie non dissimulée de la part des différents intervenants. Le ton est vivant, léger, parfois provoquant, tandis que les choix esthétiques sont élaborés avec justesse et fidélité. Si les Concerti n°9 et 12 sont d’excellente facture, la lecture du Concerto n°11 est un véritable coup de cœur : jeu brillant avec une dose subtile de fraicheur ; touche d’humour dans le toucher et le résultat sonore des dynamiques ; rondeur du second mouvement, jamais creux ou acide ; danse, sous la forme d’un menuet, gracieuse et délicate. Les voix s’enlacent les unes aux autres et respirent d’une telle manière que jamais l’ensemble ne donne l’impression d’un effectif réduit à son minimum. En ce sens, c’est une belle réussite. Si la proposition de l’ensemble Cristofori en surprendra plus d’un, la démarche est à saluer et à encourager tant le dépoussiérage de ce répertoire est devenu aujourd’hui nécessaire.
Ayrton Desimpelaere

Son 9 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation 9

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