Nouveautés chez Henle
Les éditions Henle nous proposent de belles nouveautés, tel un voyage à travers les temps. On commence avec une intégrale de la musique pour piano de d’Arnold Schönberg.
Arnold Schönberg (1874-1951) ; L’Oeuvre pour piano, G Henle Verlag 1178, ISMN 979-0-2018-1178-9
La présentation nous énonce : “ce recueil réunit l’ensemble de l’œuvre de Schönberg pour piano seul. Il couvre ainsi un large éventail allant des pièces atonales libres op. 11 aux œuvres dodécaphoniques op. 25, 33a & 33b, en passant par l’opus 19 et son caractère aphoristique, et les expériences sérielles passionnantes de l’op. 23. En outre, trois pièces de 1894 présentées en annexe et écrites à 20 ans par le jeune compositeur donnent un aperçu étonnant des racines romantiques tardives de ce pionnier de la nouvelle musique. Cette édition permet de suivre au plus près l’évolution de son écriture. Elle contient de nombreuses œuvres marquantes du classicisme moderne – ainsi que des musiques captivantes se jouant des frontières.”
En effet, la présentation est fort belle avec une introduction, également proposée en français, soin de plus en plus rare hélas dans le monde de l’édition musicale et des annexes de qualité y compris avec un lexique des indications pour les tempos. La partition présente des reproductions de certains manuscrits. Une parution des plus soignées !

Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate en ut majeur Opus 119 pour violoncelle et piano ; G Henle Verlag, 1625. ISMN 979-0-2018-1625-8
La Sonate tardive pour violoncelle de Prokofiev est liée au nom de Mstislav Rostropovitch. En 1947, lors d’un concert à Moscou, le violoncelliste alors âgé d’à peine 20 ans suscita un tel enthousiasme auprès du compositeur que ce dernier lui promit spontanément une œuvre entièrement taillée à sa mesure. En juin 1949, tous deux mirent ensemble la dernière main à cette sonate en duo particulièrement exigeante techniquement qui fut jouée pour la première fois en ce même mois de juin devant le comité d’État pour les affaires artistiques. En vue de l’impression, un passage particulièrement périlleux à la fin fut contrebalancé par une alternative plus facile – ce qui contribua sans doute pour beaucoup à la diffusion de la sonate.
La présente édition Henle propose pour la première fois ce chef-d’œuvre pour violoncelle du 20e siècle dans une version établie sur la base de toutes les sources authentiques. Dans sa préface, le spécialiste de Prokofiev Simon Morrison éclaire la genèse et la publication de la sonate dans le contexte de la politique culturelle soviétique.

Serge Prokofiev (1891-1953) : Sonate n°2 en Ré majeur, Op.94a, G Henle Verlag 1624. ISMN 979-0-2018-1624-1
La Sonate n°2 pour violon de Prokofiev est une œuvre pour flûte et piano. Composée en 1943, la Sonate pour flûte op. 94 suscita immédiatement l’intérêt du violoniste David Oïstrakh, qui suggéra à Prokofiev d’en réaliser une version pour violon. Le compositeur accepta et adapta la partie de soliste pour violon, en collaboration avec le grand violoniste. C’est sous cette forme que la sonate fut publiée en 1946 à Moscou tandis qu’une édition arrangée par Joseph Szigeti la faisait connaître aux États-Unis. L’éditrice de la présente nouvelle édition Urtext est la violoniste et musicologue Viktoria Zora qui place les sonates pour violon de Prokofiev au centre de ses recherches et de ses publications depuis de nombreuses années. Elle a étudié toutes les sources originales dans les archives russes et internationales et c’est ainsi que, pour la première fois, une édition critique des sonates s’appuyant sur toutes les sources est rendue possible, permettant ainsi d’éliminer de nombreuses erreurs et ambiguïtés des éditions précédentes. La préface de Simon Morrison, chef de file mondial de la recherche sur Prokofiev, apporte un éclairage informé sur l’histoire complexe de la genèse de cette sonate.

Jean-Sébastien Bach (1685-1750) : Concerto pour clavecin n° 1 en ré mineur BWV 1052. G.Henle Verlag 3340. ISMN 979-0-2018-3340-8
Les concertos pour clavecin de Bach tant aimés des pianistes sont probablement des transcriptions d’œuvres originellement composées pour le violon. Bach a cependant réussi à reporter sur le clavier diverses spécificités de la technique violonistique avec un tel raffinement que même la plupart des pianistes contemporains considèrent ces concertos comme une partie indissociable de leur répertoire. Le Concerto n°1 en ré mineur est peut-être le préféré – ne serait-ce que par ses premier et dernier mouvements pleins d’élan, ainsi que par sa partie de soliste impressionnante.
Notons que le matériel d'orchestre est disponible et une partition d'étude est également commercialisée.
D’autres partitions rejoignent cette moisson de parutions Henle : Les Jeux d’eau à la villa d’Este (1641) et les Deux sonnets de Pétrarque (1650) de Franz Liszt, ainsi que la transcription du lied ‘Der Müller und der Bach” de Franz Schubert dans cette même transcription de Franz Liszt (1052).
Du côté des partitions de poche, on retrouve le Concerto pour piano n°26 en Ré majeur de Wolfgang Amadeus Mozart (HN 9578), le Concerto pour clavecin n°4 BWV 1055 de Jean Sébastien Bach (HN 7383) et le Quatuor à cordes n°6 de Béla Bartók (HN7426).
La rédaction