Le Château de Barbe-Bleue confirme les affinités de Karina Canellakis avec Béla Bartók

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Béla Bartók (1881-1945) : Le Château de Barbe-Bleue, opéra en un acte op. 11. Rinat Shaham (Judith), mezzo-soprano ; Gabor Bretz (Barbe-Bleue), baryton ; Orchestre philharmonique de la Radio néerlandaise, direction Karina Canellakis. 2024. Notice en anglais. Texte du livret en hongrois, avec traduction anglaise. 61’ 54’’. Pentatone PTC 5187 225.

Schütz, anthologie sacrée dans le sanglant décor de la Guerre de Trente ans

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Da pacem. Heinrich Schütz (1585-1672) : Domine, ne in furore tuo arguas me SWV 85 [Cantiones Sacrae Op. 4]. Was betrübst du dich SWV 353 [Symphoniae Sacrae II Op. 10]. Verley uns Frieden genädiglich SWV 372 ; Die mit Tränen säen SWV 378 ; So fahr ich hin SWV 379 [Geistliche Chormusik Op. 11]. Siehe, wie fein und lieblich ists SWV 48. Teutoniam dudum belli SWV 338. Herr, nun lässest Du deinen Diener SWV 352a. Erbarm dich mein, o Herre Gott SWV 447. Herr, unser Herrscher SWV 449. Da Pacem, Domine SWV 465. Johann Hermann Schein (1586-1630) : Intrada a 5 ; Canzon a 5. Ricercar Consort. Hanna Bayodi-Hirt, Yetzabel Arias, soprano. Olivier Coiffet, Hugo Hymas, ténor. Matthias Vieweg, basse. Sophie Gent, violon, viole de gambe. Louis Crea’ch, violon. Clémence Schiltz, Matthias Ferré, viole de gambe. Isaline Leloup, violone. Daniel Zapico, théorbe. Paul Goussot, orgue. Philippe Pierlot, viole de gambe, direction. Livret en français, anglais, allemand ; texte des paroles en langue originale et traduction trilingue. Octobre 2023. 57’06’’. Mirare MIR736

La Messe en si de Bach par Raphaël Pichon : une esthétique dramatique

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Johann Sebastian Bach : Messe en si mineur BWV 232. Julie Roset, soprano ; Beth Taylor, mezzo-soprano ; Lucile Richardot, alto ; Emiliano Gonzalez Toro, ténor ; Christian Immler, basse ; Pygmalion, direction Raphaël Pichon. 2024. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes chantés insérés, avec traductions en trois langues. 107’ 20’’. Un album de deux CD Harmonia Mundi HMM902754.55. 

Entre Italie et Pays Bas, floraison du répertoire pour flûte au tournant du XVIIe siècle

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Dolce accenti. Œuvres de Giovanni Battista Fontana (1589-1630), Girolamo Frescobaldi (1583-1643), Giovanni Bassano (c1560-1617), Francesco Rognoni Taeggio ( ?-p1626), Tarquinio Merula [attrib.] (c1594-1665), Giovanni Martino Cesare (c1590-1667), Giovanni Picchi (1572-1643), Giovanni Battista Riccio (1563-p1622), Biagio Marini (1594-1663), Peter Philips (c1560-1628), Jacob van Eyck (c1589-1657), Nicolaes a Kempis (c1600-1676), Johann Caspar Kerll (1627-1693), Dario Castello (1602-1631). Peter Van Heyghen, flûtes à bec. Kris Verhelst, orgue, clavecins. Janvier 2023. Livret en anglais, français, allemand. 73’08’’. Passacaille PAS 1139

Johann Joseph Abert : un portrait musical

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Johann Joseph Abert (1832-1915) : en musikalisches Portrait. Larissa Wäspy, soprano ; Thomas Pfeiffer, baryton ; Martin Nagy, ténor ; Roswitha Sicca, mezzo soprano ; Claus Temps, Baryton basse ; Ljiljana Borota, Meguni Sano, Heike Blechmann, Ira Marina Witoschynskyj ; Joachim Drahim, piano ; Jürgen Rieger, orgue; Abert Quartett Stuttgart. 2025. Notice en allemand et en anglais. 68’’49’.  ARS Produktion 38 679.  

Le Corsaire : ballet classique en grande pompe pour conclure la saison à l’Opéra de Bordeaux

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Le lundi 7 juillet se presse une foule de tout âge place de la Comédie à Bordeaux pour voir la dernière (mais pas des moindres) production chorégraphique de la saison : Le Corsaire. 

Ballet d’une autre époque certes (créé en 1856 inspiré par les poèmes de Lord Byron datant de 1814 avec son lot d’orientalisme, d’esclaves, d’enlèvements et de ventes de femmes…) mais revisité avec talent par José Martinez, donnant à danser aux superbes danseurs de la compagnie. 

L'orchestre national de Bordeaux Aquitaine dirigé par Maria Seletskaja interprète la partition d’Adolphe Adam et Léo Delibes. On y retrouve de nombreux extraits d’autres ballets ce qui provoque parfois un effet de superposition où l’on pense inconsciemment aux autres chorégraphies proposées sur cette musique. 

Brahms en fil rouge au Festival International de Colmar

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L’un des points forts du Festival International de Colmar est sans aucun doute le partage de l’affiche entre jeunes artistes tout juste sortis du conservatoire et grands solistes internationaux installés depuis de nombreuses années. 48 ans séparent la naissance de Tom Carré, premier soliste de la journée, et celle de Grigory Sokolov, en clôture de soirée. 

La journée a donc débuté par un récital du jeune pianiste français Tom Carré. Nous avons pu entendre les Quatre Klavierstücke Op.119 de Brahms, les Danses de Marosszék de Zoltán Kodály, trois préludes de Rachmaninov (No. 4-5-6 de l’opus 23) ainsi que la Sonate No.4 en ut mineur Op.29 de Prokofiev. Tom Carré brille par la lisibilité de son jeu. Que ce soit dans les traits les plus virtuoses ou les passages polyphoniques, chaque note est très justement prononcée, nous permettant ainsi de profiter pleinement de ces magnifiques pièces. Impassible, le français nous a offert en bis une interprétation tout en introspection de La vallée des cloches de Ravel. Par cette lecture très personnelle de cette pièce, Tom Carré prouve qu’il est d’ores et déjà un musicien mature, capable de faire transparaître son univers dans son jeu.