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Le Festival Mozart à Monte-Carlo

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Comme chaque mois de janvier, le Festival Mozart prend ses quartiers à Monte-Carlo. Dès les premières mesures de la Symphonie n° 39, Mozart semble respirer autrement. Sous la direction de Kazuki Yamada, l’Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo fait jaillir une énergie à la fois maîtrisée et spontanée, où la précision n’entrave jamais l’élan vital. Les cordes s’animent avec une clarté lumineuse, les bois dialoguent avec finesse, les cuivres surgissent sans lourdeur, parfaitement intégrés à l’architecture globale. Yamada impose une lecture nerveuse et souple à la fois, attentive aux contrastes : de doux instants suspendus, presque célestes, alternent avec des explosions volcaniques d’un son plein, vivant, puissamment charnel. Le rythme est tendu, l’harmonie respirée, et l’ensemble emporte l’auditeur dans un Mozart intensément incarné, jamais décoratif.

Après l’entracte, le climat change radicalement avec le Requiem, chef-d’œuvre absolu qui trouve ici une résonance profondément bouleversante. Ce sont avant tout les chœurs qui marquent les esprits. Le Coro del Friuli Venezia Giulia et le Chœur de chambre 1732 — réunissant chanteurs confirmés, amateurs éclairés et professionnels de la région PACA — impressionnent par leur engagement, leur homogénéité et la densité expressive de leur chant. Le Dies irae frappe par sa puissance tellurique, tandis que le Lacrimosa suspend littéralement le temps, porté par une douleur contenue, sans emphase.

Festival George Enescu, de la Fantastique à la Résurrection

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Le Festival George Enescu, organisé de manière bisannuelle, est l’un des plus prestigieux festivals d’Europe. Du 24 août au 21 septembre, les plus grandes phalanges européennes et roumaines vont venir à Bucarest pour donner de nombreux concerts. Cet événement est l’un des plus importants dans son style en Europe. Le festival porte le nom du célèbre compositeur roumain. D’ailleurs, un certain nombre de ses compositions seront entendues lors de ce festival.

Au programme de cette journée du 3 septembre, deux concerts : celui de l’orchestre français des Siècles et celui de l’Orchestre de la Tonhalle de Zürich. Le premier concert a lieu dans l’Athénée Roumain tandis que le second a lieu dans la Salle du Palais, juste derrière le Musée National d'art de Roumanie.

Au programme du concert des Siècles, deux œuvres phares du répertoire : le Concerto pour violon en ré majeur, Op. 61 de Ludwig van Beethoven et la Symphonie fantastique, Op. 14 d'Hector Berlioz. L’orchestre est placé sous la direction de la cheffe d’orchestre Ustina Dubitsky. La soliste du jour est la violoniste allemande Isabelle Faust. 

Le concert débute avec le Concerto pour violon en ré majeur, Op. 61 de Ludwig van Beethoven. Isabelle Faust nous propose une version de très belle qualité et nous démontre une nouvelle fois toute la pureté de son jeu violonistique. Cela nous marque particulièrement dans le deuxième mouvement mais également dans l’ensemble des passages où la partition requiert de jouer dans les nuances les plus faibles. En revanche, dans les moments plus vifs, elle joue de manière franche avec beaucoup de caractère. La combinaison de ces deux types de jeux nous donne une interprétation où l’on ne s’ennuie jamais. Il faut aussi souligner la qualité de l’orchestre dans sa manière de jouer et d’accompagner la soliste. Ustina Dubitsky conduit la phalange française, jouant sur des instruments de l’époque classique, avec précision et musicalité, ce qui permet à la soliste de développer son jeu en toute tranquillité et en assurant un bel équilibre entre les différentes parties. Le public, très enthousiaste, acclame les artistes dès la fin de la pièce.

Les Noces de Figaro en concert à Luxembourg

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Le 24 mars dernier, le Nozze di Figaro a été offert à la Philharmonie du Luxembourg dans une version de concert avec l'orchestre de chambre de Bâle dirigé par Giovanni Antonini. Si la formation d'un orchestre de chambre, outre qu'elle sied bien à la salle du Grand auditorium de la Philharmonie du Luxembourg de ce jour, permet de mieux apprécier la structure orchestrale mozartienne qu'avec un orchestre symphonique, grâce à une écoute plus dégagée des relations entre les pupitres, elle dévoile aussi plus ouvertement les imperfections des interprètes. Ainsi ce soir les vents, notamment les bassons, semblent presque distraits en jouant, et l'ouverture quasiment considérée comme comme un concerto pour violon, dont l'interprète principale serait le premier violon. Si la forme concertante est souvent utilisée par Mozart, jusque dans ses quatuors, elle ne semble pas ici du meilleur aloi. Mais surtout, le défaut principal de l'orchestre est de jouer très vite, endommageant ainsi la dentelle mozartienne. Le tempo justo dans les opéras de Mozart est une des choses les plus difficiles, nombre de chefs d'orchestre, et pas des moindres comme Karajan ou Neville Marriner, n'ont pas su le trouver à chaque version. Même Erich Kleiber est encore trop rapide malgré sa maîtrise vertigineuse et élégante de l'orchestre. C'est qu'il ne faut pas confondre vitesse et précipitation avec eux, ce que le chef d'orchestre italien fait dès l'ouverture. Il lui faudra un certain long temps, durant lequel les arias tempèrent sa hâte, pour s'en approcher.

Les interprètes, bien que pas idéaux non plus, ont su offrir cependant une version juste de leurs personnages.

Le Figaro de la basse canadien Robert Gleadow, comme souvent avec lui, est très joueur, trop sans doute, exagérant le caractère comedia dell'arte du valet. Il garde nonobstant une articulation, et une diction juste, qui avec son timbre ferme et tendre donne un Figaro quasi caricatural. 

Streamings de la semaine : Aix-en-Provence, Dusseldörf et Londres

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Cette semaine, on ne parlera pas de la nouvelle production de Faust à l’Opéra de Paris qui a stimulé les commentateurs sur les réseaux sociaux….Mais on passe du temps avec le festival de Pâques d’Aix-en-Provence qui offre un millésime intégralement digital. Bien évidemment l'affiche est gargantuesque avec son lot de stars (Renaud Capuçon, Bertrand Chamayou, Daniel Barenboim, Martha Argerich, Momo Kodama, Léo Desandre….), mais il faut être attentif aux jeunes artistes présentés dans le cadre de la série génération Aix. 

A Dusseldörf, le toujours inspiré Adam Fischer mettait en lien Mahler (extraits de Knaben Wunderhorn avec la mezzo Anna Lucia Richter)  et Mozart (symphonie Jupiter) avec son Orchestre Symphobique de la ville rhénane. 

Un peu de baroque à Londres pour terminer, avec la formidable violoniste Alina Ibragimova, en compagnie de l'ensemble Arcangelo du non moins formidable Jonathan Cohen. Au programme : Vivaldi, Bach, Locatelli et Corelli. 

https://www.youtube.com/watch?v=IHX90qmLgbw