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Requiem et Miserere de Campra : Les Arts Florissants au meilleur de leur générosité

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André Campra (1660-1744) : Messe de Requiem. Miserere. Gwendoline Blondeel, soprano. Bastien Rimondi, David Tricou, haute-contre. Antonin Rondepierre, ténor. Igor Bouin, Matthieu Walendzik, baryton. Les Arts Florissants. Thibaut Lenaerts, maître de chœur. Emmanuel Resche-Caserta, premier violon. William Christie, direction. 2023. Livret en anglais, français ; paroles en latin, traduction bilingue. 81’18’’. Pentatone PTC 5187 479

 « La Fête à Hébé » amuse l’Opéra Comique

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Composé et créé en 1739 pour l’Académie Royale de Musique, le deuxième opéra-ballet de Rameau, Les Fêtes d’Hébé ou Les Talents Lyriques rencontra immédiatement un vif succès. En un prologue et trois entrées c’est à dire autant de fêtes consacrées successivement à La Poésie, la Musique et la Danse, Hébé, déesse de la jeunesse rétablit le lien entre les dieux et les mortels. Si la forme de l’opéra-ballet est née avec le Triomphe de l’Amour de Lully en 1681, c’est son fervent admirateur, Jean-Philippe Rameau, qui la conduira à sa perfection.

William Christie a choisi ce sommet de l’art baroque pour célébrer son quatre-vingtième anniversaire Salle Favart et la réussite provocatrice de Platée, il y a une dizaine d’années, l’a incité à solliciter à nouveau Robert Carsen pour la mise en scène.

L’Olympe est ainsi transporté au Palais de l’Elysée. Au cours d’une réception, la soubrette Hébé renverse un verre de vin sur la robe de Brigitte Macron. Aussitôt renvoyée, elle se réfugie sur les bords de Seine. Elle s’installe alors sous les palmiers de Paris-Plage, accompagnée des invités et journalistes en maillots de bains et chemises hawaïennes (« la Poésie »). La deuxième entrée fait apparaître le stade olympique de football sur écran géant avec arrière-plan de bouquinistes (« La Musique »). Enfin, aux pieds de la Tour Eiffel, tous les protagonistes s’encanaillent autour d’une gargote taguée, envahie de Bikers sous la direction de Mercure-DJ (« La Danse », concert pastoral).

Finale du Concours de Chant Baroque Antonio Cesti à Innsbruck

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Écouter des jeunes candidats à une carrière artistique, se présentant à l’épreuve finale d’un concours international, provoque toujours une émotion particulière. Celui d’Innsbruck a atteint en 2023 sa quatorzième année. Ce n’est pas une surprise qu’un bon nombre des participants aux productions d’opéra baroque du Festival se soient fait connaître lors d’éditions précédentes. J’avais pu écouter en 2018 la voix céleste de Marie Lys, les personnalités saillantes de Mariamelle Lamagat ou Kathrin Hottiger ou    l’envoûtant contre-ténor Cameron Shahbazi. Lors d’autres éditions, une série de noms sont apparus qui ont fait depuis les délices du public : Sophie Rennert, Ariana Venditelli ou Emilie Renard dans le récent Juditha Triumphans de ce Festival. Ou la Belge Sophie Junker, premier prix en 2012, la Hongroise Emöké Barath en 2011 ou l’Espagnole Anna Alàs, 2ème prix en 2010. Impossible donc de citer tous les excellents chanteurs dont la carrière a été épaulée à travers cette initiative. 

La soirée a commencé avec une Sinfonia d’Antonio Caldara, quelque peu accidentée mais annonçant un beau tissu harmonique que le chef Antonio Maria Errico conduit avec humour et imagination. Qualités indispensables pour mener à bon port une soirée ou la nervosité et la jeunesse des candidats peut amener quelques surprises ou improvisations imprévues. Il s’est montré tellement coopérant et créatif qu’il a été un des piliers du succès de la soirée, ensemble avec les musiciens de l’orchestre Cesti du Festival. Lors de la Finale, les candidats devaient chanter un air choisi dans l’opéra Arianna in Creta de Händel et un autre de leur choix. Si aucun air ne convenait à leur spécificité vocale, le jury pouvait admettre des airs alternatifs.

Hommage musical à la poésie galante de la Comtesse de la Suze

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Je m’abandonne à vous. Airs et chansons sur des poésies d’Henriette de Coligny, comtesse de la Suze (1623-1673) et pièces instrumentales de Sébastien Le Camus (1610-1677), François Campion (c. 1685/86-c.1747/48), François Dufaut (av. 1604-1680 ?), Sieur de Machy (16..-1692), Bertrand de Bacilly (1621-1690/96), Michel Lambert (1610-1696), Marin Marais (1656-1728), Henry Du Mont (1610-1684), Monsieur Royer (? - ?), Monsieur de Sainte-Colombe (c. 1640 – c. 1701), Honoré d’Ambruis (fl. 1660-1685), Robert Cambert (c. 1627-1677), Jean-Benjamin de la Borde (1734-1794), Jean-Baptiste Weckerlin (1821-1910) et Anonymes. Marc Mauillon, basse-taille ; Angélique Mauillon, harpe triple ; Myriam Rignol, viole de gambe. Avec la participation de Céline Scheen, dessus ; Antonin Rondepierre, taille et Alice Piérot, violon. 2020. Notice en français, en anglais et en allemand. Textes poétiques en français avec traduction anglaise. 110.00. Un album de 2 CD Harmonia Mundi HMM902674.75.