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Un Casse-Noisette coloré par Benjamin Millepied à la Seine Musicale 

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Créé en 2005 au Grand Théâtre de Genève, le Casse-Noisette de Benjamin Millepied a été retravaillé pour le ballet de l’Opéra de Nice. Première tournée parisienne pour ce ballet narratif à la danse musicale ! 

Si peu d’enfants sont présents dans la salle en ce mercredi soir enneigé, les dessins projetés au générique nous plongent dans l’esprit du conte. Les traits esquissés prennent vie à la levée du rideau : sur un sol et des murs blancs, les décors et costumes aux couleurs vives de Paul Cox sont prêts à raconter l’histoire. 

Benjamin Millepied, français, danseur formé aux Etats Unis, s’empare du mythique ballet Casse-Noisette. Si les versions françaises s’attachent à la trame narrative d’Hoffmann qui dépeint un magicien très ambigu dans une atmosphère mystérieuse, les américains proposent généralement des versions bien plus joyeuses avec un voyage au royaume des délices. Le chorégraphe choisit de reprendre la trame du rêve de Clara, mais ce n’est pas elle accompagnée par le Casse-Noisette qui voyage mais ses parents. 

Le ballet regorge de détails narratifs. Dès la première scène, les personnages sont incarnés : un couple sur ski se dispute sur la direction à prendre tandis que d’autres font des raquettes. Puis la maison s’ouvre et l’on assiste au réveillon : Le Casse Noisette à tête de grenouille est offert, pour rappeler les contes où la princesse doit embrasser un crapaud pour qu’il se transforme en prince charmant. Une cousine moins chanceuse se voit offrir un pull beaucoup trop grand, ce qui fait sourire après les fêtes. La chorégraphie, d’une grande musicalité, regorge d’humour : les danseurs tombent comme des dominos, jouent à saute-mouton… L’automate cassé au sol continue d’essayer de danser. 

Orgue et danse à la Philharmonie de Paris, pour une hybridation réussie ?

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Spectacle Plenum / Anima à la Philharmonie de Paris le 8 février 2025

La Passacaille et fugue pour orgue en do mineur de Bach, interprétée par Olivier Latry et chorégraphiée par Benjamin Millepied. Les Danses polovtsiennes de Borodine, interprétées à l’orgue par Shin-Young Lee et chorégraphiées par Jobel Merdina. Et enfin, Le Sacre du printemps de Stravinsky, interprété par nos deux organistes et chorégraphié par Idio Chichava.

Voilà un programme inédit, bigarré et intriguant. Pour n’en rien rater, Claire l’organiste et Maïa la danseuse ont assisté de concert à cette soirée, dans le décor majestueux de la Philharmonie de Paris. Voici leur compte-rendu, rédigé à quatre mains.

Quand une rédactrice “Danse” et une rédactrice “Musique” décident d’écrire ensemble un compte-rendu de spectacle, force est de constater qu’elles ne prennent pas leurs notes au même moment ni sur les mêmes choses ! Si l’une est focalisée sur ce qui se passe devant, à l’intérieur d’un carré délimité par de grands néons blancs, l’autre a souvent la tête tournée vers la droite, pour observer comment Olivier Latry et/ou Shin-Young Lee domestiquent la large console blanche du grand-orgue Rieger de la Philharmonie de Paris, avec ses 4 claviers, son pédalier et ses 91 jeux. Quand l’une note “ trémolo au pédalier en double octave” l’autre relève “de très beaux fouettés sautés en ligne qui se croisent”. Et elles se demandent si, d’une part, l’orgue va réussir le test de sortir d’un édifice religieux (et d’un répertoire sacré) et si, d’autre part, les chorégraphies proposeront quelque chose de nouveau.

Première équipe à s’avancer sur scène : 8 danseurs de la compagnie LA Dance Project, du chorégraphe Benjamin Millepied, habillés en noir et blanc, dans des matières fluides. À leur droite, vêtu d’un strict costume de ville et chaussé de souliers en cuir, Olivier Latry, qui s’installe à la console de l’orgue de la Philharmonie. 

Quand Benjamin Millepied rend grâce à Jeff Buckley

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Avec son nouveau spectacle, Grace, sous-titré Jeff Buckley Dances, le chorégraphe Benjamin Millepied met en mouvements la vie et l’œuvre du chanteur et guitariste américain Jeff Buckley. En convoquant également le cinéma et la comédie musicale, il propose une plongée saisissante et sensible dans l’univers éphémère et puissant de cette étoile filante du rock de la fin des années 90.

La grande salle de la Seine musicale (Boulogne-Billancourt) accueille actuellement le nouveau spectacle du chorégraphe Benjamin Millepied, Grace, consacré au chanteur et guitariste américain Jeff Buckley. Pendant que les 3200 personnes du public s’installent dans les gradins de cette vaste arène, de lentes et pénétrantes ondulations musicales se font entendre, jouées par Ulisse Zangs, auteur-compositeur mais également danseur.

Puis les lumières s’éteignent, le silence se fait et Ulysse s’avance, seul sur scène avec sa guitare. Peu à peu, ses ondulations musicales s’agrègent en une série d’accords. Un banc se trouve au milieu de la scène ; il s’y assoit, rejoint par une jeune femme, Victoria Rose Roy, armée d’un micro. Ensemble ils reprennent, dans un joli duo vocal, la chanson Song to the Siren, de Tim Buckley. Sa nostalgie, elle aussi pénétrante, donne le ton du spectacle : la grâce est un rêve inaccessible, comme celui de pouvoir toucher une sirène. Et pourtant, la quêter permet de s’élever, même fugacement. Jeff Buckley a consacré son unique album à cette notion, expliquant notamment que “la grâce est ce qui compte dans tout, surtout dans la vie, la croissance, la tragédie, la douleur, l’amour, la mort. Elle empêche de saisir l’arme trop rapidement” (Muchmusic interview, Toronto, Canada, 28 octobre 1994).