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Une sobriété intense : Otello de Verdi aux Théâtres de la Ville de Luxembourg

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Après l’Opéra national du Rhin et celui de Nancy-Lorraine, les Théâtres de la Ville de Luxembourg accueillent l’Otello de Verdi mis en scène et scénographié par Ted Huffman. Une réussite !

Une sobriété intense : un titre qui en résume l’essence et les effets.

Pas de reconstitution pseudo-historique, pas de grands déploiements architecturaux, pas de défilés de costumes « d’époque », pas de couleur locale, pas de cliquetis militaires. Non, un vaste espace de jeu aux grandes parois ouvertes (ou fermées, c’est essentiel) par quelques portes. Deux fauteuils, des chaises, les tables dressées d’un banquet d’apparat. Cela suffira pour que la tragédie soit !

Une tragédie, c’est une cristallisation progressive ou soudaine. Une parole, une réaction, un désir, une frustration seront les mèches d’une explosion inéluctable. Comme l’a écrit Jean Anouilh : « Et voilà… C’est tout. Après, on n’a plus qu’à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêts… » L’envieux, le frustré, l’intrigant Iago instille la jalousie au cœur d’Otello. Tout ira à son terme : Desdémone, la tant aimée, la tant condamnée, mourra. Shakespeare en a fait un chef-d’œuvre ; Verdi et son librettiste Boito l’ont magnifié dans leur transposition lyrique.

Et c’est alors que la mise en scène de Ted Huffman (reprise, avec une connotation féminicide, par Franciska Ery à Nancy et Luxembourg) trouve toute sa pertinence.