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Les Solistes à l’Orangerie d’Autheuil : richesse française

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Chaque année, le festival « Les Solistes à l’Orangerie d’Autheuil » propose un panorama de pianistes installés en France. Chaque programme comprend une œuvre contemporaine, faisant de cette manifestation une référence en matière de création musicale pour piano. L’édition 2026, du 4 au 6 septembre, est marquée par la diversité des styles, des caractères et des tempéraments.

Paul Lecoq : déjà un grand piano

Paul Lecoq, premier prix du concours Clara Haskil en 2025, ouvre la série le 4 septembre. À seulement 21 ans, le jeune pianiste affiche déjà une forte personnalité musicale. Dans la Partita n° 4 de Bach, toutes les notes sont subtilement détachées, avec des touchers légers et une pédale très discrète. L’approche polyphonique est évidente. Il sait aussi donner à la musique une véritable théâtralité baroque, notamment par les arrêts et les pauses subits, tandis que la Gigue se montre vive et très enlevée. Avec Jörg Widmann (« Mit Humor und Feinsinn », extrait d’Elf Humoresken), il aborde un romantisme contemporain légèrement déformé, où la valse viennoise semble fragmentée. La montée finale, qui évoque par moments La Valse de Ravel, est très bien rendue. Dans la Kreisleriana de Schumann, chaque apparition du thème est jouée différemment. Dans la dernière pièce, les notes pointées, légèrement prolongées au-delà de leur valeur, créent un emboîtement particulier sans jamais être soulignées : une subtilité du jeu qui révèle sa maîtrise du temps. Au moment venu, l’évocation du souvenir se déploie longuement, avec des notes que le pianiste n’hésite pas à rallonger. Sur les basses clairement annoncées vient s’insérer la main droite. Il n’insiste pas outre mesure sur le rythme, pourtant si caractéristique, mais en fait ressortir les effets avec beaucoup de justesse. Le plan sonore est clair et maîtrisé, les effets parfaitement contrôlés sans donner l’impression d’un calcul. Un bel équilibre règne ainsi souvent entre affect et aspect technique. Paul Lecoq possède un grand sang-froid, mais son jeu n’est jamais froid, au contraire, chaleureux. Un pianiste déjà très affirmé, dont la personnalité promet un bel avenir.

Festival de Menton 2025 : une mosaïque musicale entre mer et étoiles

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Le Festival de Menton s’ouvre généreusement avec deux concerts gratuits sur l’Esplanade des Sablettes, qui attirent un public nombreux et varié. En arrière-plan, la cathédrale Saint-Michel se détache dans la lumière du soir, tandis que des projections animent les façades colorées de la Vieille Ville – un véritable tableau vivant. Près de 600 spectateurs sont installés face à la scène, concentrés, curieux, attentifs. À cela s’ajoutent les promeneurs qui s’arrêtent, attirés par l’énergie et l’originalité du programme. On remarque des mélomanes fidèles mais aussi un public jeune, pour qui ces concerts sont peut-être une première rencontre avec la musique dite "classique". Une initiative aussi accessible que généreuse.

Le parcours commence avec la Nuit Fantastique de Romain Leleu et de son Sextet, qui fait voyager de Schubert à Milhaud, d’Arban — le Paganini de la trompette — aux musiques de films et standards de jazz. Virtuosité éblouissante, swing et lyrisme, la trompette se fait tour à tour tendre, spectaculaire et populaire. Une soirée festive qui lance la 76ᵉ édition sous le signe du partage.

Quelques jours plus tard, c'est le Quatuor Janoska  qui fait danser Menton.   Bach revisité à la Grappelli, Carmen de Waxman, Vivaldi métissé de jazz et de rumba… Leurs improvisations malicieuses électrisent le public, qui reprend en chœur L’Hymne à l’Amour d'Edith Piaf en guise de final. La ville entière semble vibrer : musique classique, humour et convivialité s’y marient sans frontières.

Au cœur de la ville, les concerts de 18h offrent une respiration singulière. Dans les Salons Grande-Bretagne du Palais de l’Europe, 250 auditeurs entourent les artistes dans une disposition circulaire : proximité, acoustique limpide, prix doux — une formule idéale pour la découverte.

La pianiste Célia Oneto Bensaid captive avec son programme Miroirs liquides, consacré à cinq compositrices françaises. Son jeu limpide éclaire Jeanne Leleu, Marie Jaëll, Camille Pépin, Rita Strohl… Le récital se termine sur un Ravel et un Philip Glass hypnotique. Une expérience sensorielle et poétique saluée par un public conquis.