D’Irgens-Jensen à Schubert, une soirée de contrastes avec Tabita Berglund
Ce vendredi 16 octobre, l’Orchestre de la Philharmonie de Dresde se produit dans cette même salle sous la direction de sa première cheffe invitée, la Norvégienne Tabita Berglund. Trois œuvres sont au programme de la soirée : la Passacaille pour orchestre de Ludvig Irgens-Jensen, la Symphonie concertante en mi bémol majeur pour violon, alto et orchestre, KV 364, de Wolfgang Amadeus Mozart, et la Symphonie en si mineur, D. 759, dite « Inachevée », de Franz Schubert. Les deux solistes du soir sont le violoniste tchèque Josef Špaček et l’altiste chinois Diyang Mei.
Longtemps resté méconnu en dehors de la Norvège, Ludvig Irgens-Jensen (1894-1969) signe, avec sa Passacaille pour orchestre (1928), une œuvre orchestrale ambitieuse, récompensée lors d’un concours organisé à l’occasion du centenaire de la mort de Schubert. Durant près de vingt minutes, le compositeur norvégien y déploie une architecture monumentale, entre variations, fugues et sombres éclats orchestraux. L’interprétation met en valeur les contrastes de l’œuvre, entre tension dramatique, puissance orchestrale et passages mystérieux. On peut toutefois regretter une balance sonore parfois inégale entre les pupitres. L’entrée de l’orgue dans le final fait néanmoins vibrer toute la salle dans un grand moment de gloire, avant que la musique ne s’éteigne progressivement dans un morendo aussi saisissant qu’incertain. En somme, cette œuvre constitue une très belle découverte pour le public, au sein d’un programme qui l’associe à deux pages célèbres de Mozart et de Schubert.